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Après une année 2015 à apprendre les bases du triathlon et passer la ligne de mon premier triathlon XXL à Nice, grâce à un peu (beaucoup) de persévérance et un mentor au top du top nommé Xavier Philippe genre d'homme opinel mi coach mi triathlète mi informaticien mi machine en envoyer du braquet en vélo qui aura fini de m'inoculer le virus du triathlon !

Une année 2016 sans ironman à continuer l'apprentissage du triple effort sur des formats de triathlons plus court afin d’acquérir une bonne vitesse de base dans les 3 sports, surtout en vélo et course à pied... Une chute au triathlon de Doussard viendra calmer mes ardeurs avec de grosses plaies et une vilaine double fractures du pouce main droite... Les progrès se font sentir malgré tout, et courant octobre je décide de m'inscrire à l'ironman de Barcelone qui aura lieu l'année suivante quasi jour pour jour avec dans l'idée d'aller chercher un bon chrono qui commencerait par 9h...

J'attaque donc cette année 2017 motivé comme jamais avec comme objectif unique Barcelone ! Peu de dossard pris, un 10 km sur route en course à pied en guise de séance de seuil sur fatigue après une grosse semaine d'entrainement, un triathlon par équipe qui ne m'aura ni rassuré sur ma qualité natatoire (c'est peu de le dire...) Ni sur mon niveau en vélo (no panique c'est le début de saison me dis-je...), Une cyclo-sportive dans le Vercors en guise de sortie longue qui se transforme en long chemin de croix, la faute à mon petit frère qui aura la bonne idée de crever au pire moment de la journée... Le tournant de la saison se fait pendant quatre semaines entre le mois de mai et juin ou mon beau frère me prête son vélo de route et ou j’enchaîne un gros bloc de vélo sans course à pied ni natation conclu par une cyclo-sportive rondement menée malgré une bonne fatigue générale.
quatre semaines à bouffer des cols avec grand plaisir, à enfiler les kilomètres au saut du lit tantôt à jeun, fatigué, en forme mais toujours avec envie ! 
J'attaque la dernière ligne droite de mon objectif début juillet qu'on appel vulgairement "la prépa iron" par deux semaines de vacances en famille en corse qui me permettront de reprendre la course à pied et la natation dans un cadre magnifique ! 
Les entraînements se passent bien, pas de bobos, un temps au top tout l'été, la conciliation sport/famille/travail se passe à merveille ma femme et mes enfants me soutiennent à fond bref tout roule !
Le mois de Septembre pointe son nez, rentrée scolaire, fin d'été et grosses séances de vélo/course à pied sont au menu, avec au programme pour ma dernière semaine de "charge" 3 jours dans le sud avec mon petit frère ou les maîtres mots sont vélo, course à pied et recupe (400km de vélo et 40km de course à pied avalés) et pour finir la semaine, 130 bornes de vélo le samedi et quasi 30 en course à pied le dimanche matin avec le Xav' qui auront fini de me rassurer sur ma forme et mon niveau actuel ! Deux semaines s'en suivent à diminuer les entraînements pour faire du jus, réduire la fatigue et se préparer à lâcher les chevaux le jour -J ! Dernière nuit de travail mardi soir, dernière sortie vélo mercredi après-midi pour tester la roue lenticulaire prêté par mon pote, bouclage des sacs et jeudi matin 6h départ en famille à 4 dans la Seat direction BARCELONAAAAA ! Nous arrivons à Calella, prenons possession de notre mobile home, un triathlète à notre gauche, un triathlète à droite pas de doute un ironman se prépare dans le coin ! Enregistrement et prise du dossard le jeudi, dépose du vélo et sacs de transitions le vendredi après-midi pile le jour de mes 36 ans (pffff déjà....) la j'me dis forcement que c'est un signe et plutôt un bon, inchala comme on dit ! La pression monte moins que mon excitation ce qui est plutôt bon signe chez moi, nous passons le repas du vendredi soir en terrasse, un petit repas lèger accompagné de ma traditionnelle bière d'avant course, un jeux de société avec ma femme et mes enfants avant de les coucher, un auto massage rapide de mes guibolles, une petite séance de compex, une heure de musique casque dans les oreilles de 23h à 00h puis extinction des feux jusqu'au réveil... 5h à dormir comme un bébé !
 
Race Day :
 
J'ouvre les yeux je regarde l'heure sur mon téléphone, 4h55 soit 5 minutes avant que le réveil ne sonne, parfait ! Une douche, un selfie avec le bonnet de l'organisation en faisant la grimace pour l'envoyer aux supporters rester en France et c'est partie pour engloutir mon café noir et quatre pains au lait beurre miel en guise de petit dej. Je prépare ensuite mes gourdes, les gels, bande élasto, nok, combine, bonnet, lunette, et ma boisson d'attente composé d'eau, d'un demi jus de citron, de red bull et d'un peu de miel, pendant ce temps ma femme et mes enfants sont levés, habillés et prêt à m'encourager avec de superbes cloches de vaches que ma femme aura in extremis réussis à se dégoter la veille du départ ! Tout le monde est prêt, direction le parc à vélo, juste avant d'y entrer nous nous faisons un selfie tout les 4, un gros bisou à chacun pour prendre un peu de force, ma femme et mes enfants me souhaite bon courage pour la journée qui m'attends, une dernière accolade et je m'en vais passer le sas d'entrée du parc à vélo pour finir de mettre mes gels et gourdes sur mon vélo, enfiler ma combine et filer doucement vers la plage et mon SAS 1h05 ....
 
Comme avant chaque départ de triathlon labellisé Ironman la sono envoi les watts histoire de motiver les 2800 pinguouins sur la plage, les pros hommes s’élancent vers 8h10, trois minutes plus tard vient le tour des pros femmes et enfin c'est à nous les groupes d'ages, je rentre depuis déjà quelque minutes dans ma bulle et le titre d'ACDC thundurtruck à fond d'enceintes finira de me chauffer à blanc, je ferme les yeux et les poings 30 secondes et c'est à mon sas de s'élancer par petites vagues successives de 10 bonhommes...Ma stratégie est simple, choisir les bulles d'un nageur qui nage "vite" sans trop battre des pieds et je ne met pas 30 secondes à trouver mon poisson pilote, la parcours est simple c'est un rectangle de 3800m en deux grands aller retour parallèle à la plage, l'aller se passe plutôt bien je tiens bien les pieds ça tire sur les bras mais je sert les dents et la bouée indiquant 2000m me rassure sur ma natation matinale puis viennent les deux virages à droite pour entamer le retour et le calvaire commence, ma nage en deux temps me fait respirer du coté de la houle et du soleil autant dire que les dernières 30 minutes de nage en zig-zag se font à l'aveugle, impossible pour moi de nager dans les pieds de qui que ce soit, et dernier soucis de taille cela fait depuis le début de la nat que j'ai envie de soulager ma vessie sans y arriver, il faudra attendre les derniers 100m pour voir la plage et enfin arriver à me détendre en m’arrêtant complètement de nager pour pouvoir me soulager dans la combine ne voulant pas effectuer ma pause pipi au parc à vélo de peur de faire une transition interminable ! Je sors de l'eau sans avoir la tête qui tourne les jambes courent toute seul bref j'effectue une bonne transition sans rien oublier, en sortant du parc j'entend mon beau père Ruben s'égosiller "Aller chris!!!!!!" je me retourne hoche la tête puis saute sur mon bike clips mes chaussures, baisse la visière du casque et en avant pour 180 km plat en 2 allers retours et demi le long de la mer !
 
La première heure ne me rassure pas, j'ai mal sur le coté haut des cuisses mais je ne m'en soucis pas misant sur le fait que ces maux s'estomperaient d'ici peu et heureusement au premier demi tour plus aucune douleur, trop content d'aller mieux j'effectue un retour costaud avec un petit vent favorable me permettant de rouler quasiment 40 km en une heure, j'effectue alors une sacré remontée je double par grappe des triathlètes et avant d'attaquer le second aller/retour je croise mes supporters d'abord ma femme et mes enfants donnant de la voix et secouant leurs cloches de toute leur force, à ce moment la je sais pourquoi je suis sur le vélo, me faire plaisir et leur faire plaisir, ça fait chaud au cœur et je repars de plus belle motivé comme jamais, je croise ensuite le reste de la troupe composé de ma belle mère du beau père, des oncles et tantes au top !
Je commence à revenir sur des mecs de mon niveau je sens tout de suite qu'on roule à peu prêt à la même intensité sauf que pour la plupart leurs selles m'arrivent au niveau du menton et leurs mollets font la taille de mes cuisses ... Content de rouler avec ces armoires à glace je me calme et décide de rouler avec mes compères allemands, autrichiens et russes à distance réglementaire évidemment. Nous doublons de plus en plus de petits groupes de 4 ou 5 coureurs tous roue dans roue draftant à outrance en se retournant tout les 500m aux aguets et à l’affût d'arbitre en moto jusqu’à revenir sur un peloton d'une quinzaine de triathlètes regroupés en pack tous mains sur les cornes à plus de 37km/h vent dans le nez, je comprends vite que les doubler ne sera pas possible sous peine d'exploser le cardio pour les voir revenir sur moi au bout de quelques bornes. Les kilomètres défilent et heureusement un arbitre revient sur nous se met à hauteur du peloton de tricheurs et à force de persévérance et de carton arrive à faire éclater le groupe (cela prendra bien 1h...), le peloton se disloque, j'arrive enfin à doubler et retrouver mon rythme de croisière, sur la fin du deuxième aller/retour bien content de croiser un français je remonte à sa hauteur et lui lance " heyy ici c'est pas le pays du chorizo c'est le pays du drafting!" le mec éclate de rire et tout en restant sur les prolongateurs en vissant fort sur le pédalier nous nous mettons à discuter histoire de casser un peu la routine et de déconnecter 5 minutes, nous déconnectons tellement que sans s'en rendre compte nous revenons sur un groupe de triathlète s'y prêt qu'au moment de lever le nez nous sommes clairement en position de drafting quasi roue dans roue, à ce moment la un arbitre en moto déboîte sur ma gauche (on aurait dis qu'il débarquait du ciel dans sa soucoupe volante) et pan, me met un carton en me disant dans un assez bon français "arrêt de cinq minutes à la prochaine pénalité box" et repart en trombe devant moi. Mon compère français s'excuse je lui répond que c'est 100% de ma faute et lui fausse compagnie en lui expliquant que je compte rouler fort jusqu’à la pénalité box, quelques hectomètres plus loin un mec me double (dossard 43 MPRO) je lui emboîte la roue à distance réglementaire et le suit jusqu’à la pénalité box, 5/10 minutes à 150+ bpm au cardio. Je pose mon vélo sur le rack de la tente de pénalité, présente mon dossard à l'arbitre pour le prendre en photo et noter le numéro sur son classeur puis me dis "5 minutes d’arrêt debout dans la tente, pas de ravitaillement, pas de pipi et interdiction de quitter son casque"... Les 5 minutes me paraissent en durer le triple malgré ça je repart avec les jambes un peu coupées mais motivé et pas du tout entamé mentalement, en sortant de ma punition demi tour au rond point, passage devant la famille toujours au top des encouragements et leur balance en criant "j'ai pris 5 minutes de pénalité" ! Au bout de 10 minutes un groupe de triathlètes composé d'une bonne dizaine de têtes me double en me serrant à droite et cinq secondes après une deuxième soucoupe volante déboîte à ma gauche avec à son bord le même arbitre que tout à l'heure, carton à la main m'indiquant une pénalité, je rentre alors dans une colère noire, je fulmine en faisant des grands gestes en pointant du doigt le peloton à une dizaine de mètre plus loin et en beuglant que je me suis fait doubler en me faisant tassé sur la droite de la chaussée, l’arbitre me regarde sentant surement qu'il était entrain de faire une grosse erreur de jugement et me lance en criant pour couvrir le bruit du moteur de la moto "ok c'est bon" me montrant en même temps son calepin en barrant mon numéro de dossard inscrit dessus. Ouf ! une fois ce gros coup de pression passé je me re concentre et file vers le parc à vélo à tout vitesse, les 3 derniers kilomètres au cœur de Calella sont avalés à plus de 37km/h malgré l'interdiction de se mettre sur les prolongateurs... J'arrive sur le tapis rouge du parc à vélo avec 145+ au cardio, un essoufflement bien prononcé et file sous la tente, je fini ma transition par me tartiner les pieds de vaseline, enfiler ma nouvelle paire de chaussette et file vers le début du marathon....
 
Je sort de la tente de transition, mes premières sensations sont bonnes je regarde ma montre 147/148 bpm 4'20 au kilo RAS ça déroule mais progressivement je sent une douleur au muscle abdominale accompagné d'une grosse envie de faire pipi, je patiente 2 km avant de croisé un WC publique ni une ni deux je passe sous la ru-balise et cours soulager ma vessie ... Je ressort soulagé avec l'impression que l’arrêt au stand vidange à durer la vie des rats ... Les dix premiers kilomètres se passent relativement bien, je n'ai plus mal aux abdos et passe enfin devant mes pompoms girls and boys cloches à la main à faire un boucan de dingue ça fait toujours autant de bien de les voir et les entendre ! J'entame la deuxième boucle de 14 kilomètres en me disant que tous les détails dont j'arrive à me souvenir et qui m’interpellent comme la table d'étudiants trinquant bière sur bière à la terrasse d'un petit troquet ou ce gars le long des barrières ultra motivé voulant absolument que tout les concurrents lui tapent dans la main, je ne les reverrai plus qu'une fois ! Je passe au semi-marathon à 13km/h de moyenne pause pipi décomptée... Jusqu'ici tout va bien...Au début du troisième et dernier tour je repasse devant mes supporter toujours en pleine forme...eux... De mon coté j'annonce tout de suite la couleur en passant devant ma femme que le dernier tour va être très difficile, j'arrive in extremis à taper dans la main de mon grand Léo et file vers cette grande ligne droite interminable en aller/retour le long du chemin de fer, au kilomètre 30 je bascule officiellement en mode survie, les ravitaillements ne passe plus, pas d'eau, pas de coca ni de boisson énergétique juste 2 quartiers d'orange à tout les ravitos, commence alors le long décompte 9,8,7,6 à 5 kilomètres de la ligne d'arrivé mes jambes sont deux bouts de bois, j'ai tantôt chaud tantôt froid jusqu'aux frissons, j'me demande ce que je foux la et me questionne même intérieurement sur pourquoi et quel intérêt de se mettre dans cet état ... 5,4,3,2 malgré l'arche d'arrivée en vue je suis dans le dur et rien n'arrive à me dérider, je grimace j'ai le masque, à 300 mètres de la ligne d'arrivée je passe une dernière fois devant la famille je ne m’arrête même pas les prendre dans mes bras l'envie est là mais la peur de ne plus repartir et la hâte de franchir cette foutue ligne d'arrivée sont trop fortes... Une fois l'arche passée, on me passe la médaille autour du coup puis me dirige sous la tente du buffet d'arrivée, je m'assoie deux minutes reprendre mes esprits avant de "courir" vers la table des victuailles, 4 croques monsieurs et 3 pains au chocolat plus tard je rejoins ma famille, une grosse accolade générale avec la satisfaction du devoir accomplie !!!
 
Temps total 9h41 (1h08 nat, 4h47 + 5' de pénalité vélo, 3h29 marathon + 10' de transition)

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