Race Report Lacanau Tri'Events Médoc Atlantique
Après 3 années à commencer ma saison sur le triathlon international de Cannes, 2018 est l’année du changement et j’effectue ma rentrée sur le Triathlon de Lacanau. Plusieurs raisons à ce choix, le coût de l’épreuve, la durée, le fait de pouvoir découvrir une nouvelle course et de courir avec quelques copains !
J’ai pour habitude de rater ma première course de l’année, je n’ai jamais réussi à m’exprimer pleinement à Cannes. J’avais pour objectif de réaliser une course pleine dans les 3 disciplines à Lacanau, compte tenu de la forme du moment. J’ai pu réaliser plusieurs bons blocs d’entrainement depuis quelques semaines, mais je sais que je manque de fraicheur et de rythme dans chacune des disciplines. 
Départ le vendredi matin, 6h de route pour rejoindre Lacanau avec Manu et Fab. On effectue la reconnaissance du parcours vélo en arrivant. C’est plat, très plat, trop plat. Et il y a du vent. 2 boucles de 42kms, 110m de D+ par boucle… à peine plus vallonné que le fond de la piscine. Il va falloir tenir la position aérodynamique 2h, sans se relever et être capable de pédaler tout le temps. Tous mes entrainements des dernières semaines ont été réalisés en montagne… Je ne suis donc absolument pas préparé pour ce type d’effort. Ça sera la surprise du lendemain… 
Soirée de veille de course traditionnelle, apéro bière/chips/fromage/saucisson, puis diner riz/viande blanche.

Race day.

Réveil 7h pour un départ à 10h. Premier Gatosport depuis 6 mois… ça ne m’avait pas manqué plus que ça. 
Le temps de préparer toutes les affaires, de rejoindre le départ, de récupérer les dossards et de tout installer, il est 9h45. 
Je me place sur la ligne de départ à coté de Sébastien Fraysse, grand favori de l’épreuve, qu’il a déjà gagné il y a 2 ans. Ancien sportif de haut niveau en natation en eau libre, je sais que je ne le verrai plus dans l’eau une fois le départ donné. Ma stratégie était de fournir un gros effort à vélo pour revenir sur lui ou au moins m’en rapprocher et essayer de terminer le travail à pied. 
Ça, c’était le plan.

10H, Top départ !!

On court quelques mètres dans l’eau, puis on joue au dauphin. Ça n’avance pas trop, au bout de 50m on peut enfin nager. Je suis en queue du peloton de tête, j’aperçois quelques triathlètes devant moi.
Je ne m’attends pas à des miracles en natation, j’ai très peu nagé cette année, à peine 2 séances par semaines en moyenne depuis début janvier. Les 300 premiers mètres se passent bien, j’arrive à rester dans les pieds sans trop forcer, les sensations sont assez bonnes. Déjà au loin je vois Sébastien Fraysse qui a pris la poudre d’escampette. Il va falloir essayer de limiter la casse. Le nageur qui mène notre petit groupe ne nage pas droit et s’écarte de l’axe du parcours. Je décide de sortir des pieds pour garder une route plus directe, quitte à nager plus lentement. Nous arriverons finalement ensemble à la première bouée. Le retour se fait avec le soleil dans les yeux, difficile de s’orienter, tout le groupe part de nouveau sur la droite, au point que je me demande s’il n’y a pas une bouée que je n’ai pas vu. Je décide de faire cavalier solitaire en restant sur l’axe du parcours. Je suis donc tranquille à nager. Tranquille mais seul. Des petites vagues se sont levées et je sens que j’ai du mal à mettre du rythme. Je sens bien que je suis bien plus proche d’une allure Ironman que Half Ironman. Impossible de me faire mal et de me « rentrer dans le ventre », les bras ne veulent plus tourner ni pousser dans l’eau. Je me résigne à faire un joli chrono et je sais que je perds beaucoup de temps sur la tête de la course.

Je sors de l’eau en 10ème position à 3’10 de Sébastien. Je m’étais dis que si je faisais une bonne natation je sortais à 2 petites minutes et dans le mauvais cas j’allais perdre 3’. C’est le second scénario qui s’est produit. 3’ de retard alors qu’il reste 3h30 de course ce n’est pas catastrophique.
La bonne nouvelle c’est que je sors frais, n’ayant pas vraiment fourni d’effort dans l’eau.

J’effectue une bonne transition qui me permet de sortir 8ème du parc à vélo et de récupérer 20 secondes sur les nageurs sortis juste devant moi. J’aperçois devant moi Laurent Lambert. Nous étions sortis du parc avec le même écart à Chantilly en août dernier, et il a gagné la course ici même l’année dernière, ça me redonne un peu d’espoir d’être à son contact. 
Je monte sur mon vélo, s’ensuit 4 longues minutes… 4 minutes pour enfiler 2 chaussures. Je me suis répété « Le boulet, le boulet, le boulet…. » un nombre de fois trop important pour que j’arrive à compter et en même temps mettre mes chaussures. 
On m’a toujours dit qu’il ne fallait jamais essayer quelque chose de nouveau le jour de la course. J’ai déjà fait l’erreur un paquet de fois, mais visiblement ça ne m’a pas servi de leçon. J’essaye pour la première fois en course mes nouvelles chaussures Giro Empire. N’ayant jamais simulé une transition avec, la languette s’est bloquée au fond de la chaussure, les scratchs sont sortis de leur passant… Bref 4’20 ou je mettais un coup de pédale, puis j’avançais en roue libre en essayant de mettre mes chaussures… En effectuant une petite analyse après course, j’ai perdu 40 secondes sur le meilleur temps vélo en l’espace de 4’20… 40 secondes c’est à peu près ce que je peux gagner en m’entrainant pendant 3 mois. Donc 3 mois de travail hivernal parti en fumée parce que je suis une feignasse et que je n’ai pas répété ma transition avant la course. Certains diront à juste titre que je suis un peintre et que ce n’est pas très sérieux quand on veut jouer aux avants postes de la course.

Ce petit aléa terminé, il est temps d’appuyer sur les pédales, j’ai quelques cyclistes en visuel, il y a du vent de face, je décide donc de partir volontairement assez fort pour que personne n’accroche ma roue. Les sensations sont assez bonnes, je passe assez rapidement 2ème de la course vers le kilomètre 10. A partir de ce moment là je ne verrai plus un seul cycliste de l’épreuve. C’est parti pour 70kms en solitaire, tête dans le guidon à regarder le bitume défiler 1 mètre devant ma roue. J’effectue le premier tour à 315W et 42,6kmh de moyenne. Je pensais pouvoir reprendre du temps sur Sébastien mais j’apprends que j’ai perdu 1’ de plus depuis la fin de la natation. Je sais qu’il y a quelques secondes à cause de mes chaussures mais je pensais avoir au moins récupérer ce temps perdu et être toujours aux alentours des 3 minutes. Cette nouvelle me plombe légèrement le moral. Je savais qu’’il était très fort à vélo. On ne devient pas vice-champion de France de Triathlon Longue Distance sur un parcours montagneux sans être très solide à vélo, mais je pensais pouvoir récupérer du temps sur lui. Je commence à réfléchir à ma stratégie pour le reste de la course. Est-ce que je dois rouler encore plus fort pour essayer de revenir sur lui sans savoir si ça va marcher et si je vais pouvoir courir derrière ? Est-ce que je lève un peu le pied pour pouvoir sortir un gros semi marathon ? J’ai le mollet droit coincé depuis 4 jours donc pas sur que ça marche… J’en arrive à la conclusion que je dois continuer mon effort comme au premier tour en espérant perdre le moins de temps possible et voir ou ça me mène à la fin du vélo.

La position aéro est de plus en plus dure à tenir sur la fin du parcours, je n’ai pas l’entrainement pour ce type d’effort, et ça commence à être difficile de garder les watts cibles. Je pose finalement le vélo avec un peu plus de 4’ de retard. 42,8kmh de moyenne 306W AP pour les Stats. Pour début mai je prends, mais c’est bien loin de ce que j’espère pouvoir faire plus tard dans la saison.

4 minutes c’est beaucoup et c’est peu à la fois. C’est ce que j’avais comme retard à Bandol et j’avais réussi à le combler… mais là je suis derrière un ancien vice-champion de France.
Je décide de faire un premier tour rapide pour voir combien de temps je peux récupérer. Dès les premières foulées je sens que mon mollet droit fait la tronche. J’essaye de me relâcher au maximum, de ne pas trop y penser en me disant que ça va passer avec les kilomètres. Malgré cette douleur au mollet les jambes tournent bien et j’avale le premier 5km à 3’36/k de moyenne. A la fin du premier tour j’ai repris 40 secondes sur Sébastien. 40 secondes, 3 boucles… 120 secondes, 2 minutes, j’en avais 4 au départ de la course… Ca ne passe pas, et mon mollet est toujours fâché contre moi. Derrière Laurent Lambert qui avait posé le vélo 1’ après moi commence à flancher. A moitié par manque d’envie de me faire mal pendant encore 14kms pour aller grapiller des secondes en sachant que je ne doublerai pas le premier, et aussi parce que je sais que la saison est encore longue et que si je force sur mon mollet ça peut me couter cher pour la suite, je décide de lever légèrement le pied pour finir sur un bon rythme sans me rentrer dedans. L’écart avec la tête de course restera constant et je boucle les 21,8kms de ce semi-marathon à rallonge à 3’45/k de moyenne, et je franchi la ligne en 2nde position, avec le meilleur temps à pied tout de même.

A peine la ligne d’arrivée franchie, direction le contrôle anti-dopage, une première pour moi.

Pour une rentrée des classes, le bilan est plutôt positif. Natation conforme à mon niveau actuel, un vélo un peu en dedans mais encourageant et un premier 5km sur la course à pied qui laisse envisager de bonnes choses dans quelques semaines. 
Autre gros point positif, la nutrition. J’ai décidé d’utiliser les produits Maurten. Une boisson d’effort qui suffit pour apporter tout l’Energie nécessaire et qui est très digeste. 2 sachets pour les 2h d’efforts sur le vélo et juste quelques verres d’eau à pied pour se rafraichir. Résultat aucun problème au ventre, une première en un peu plus de 20 Half Iron… Je crois que j’ai enfin la solution, affaire à suivre.

You have no rights to post comments