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Retour sur le NatureMan, mon avant dernière course de la saison :

Cela fait 2 ans maintenant que l’on me parle du Natureman. Chaque année une délégation importante de membres du Stade Français Triathlon fait le déplacement, et chaque année tout le monde me dit « elle est top cette course ». Je m’étais presque laissé tenter il y a 2 ans mais la course était déjà complète, et l’année dernière mon petit périple à Hawaii ne pas permis non plus de participer. 
Chaque année il y a un plateau d’athlètes de niveau international, ce qui rend la course très intéressante et me permets de me mesurer au gratin du triathlon et de jauger le travail qu’il me reste à accomplir.
Cette année mon calendrier principalement orienté Half-Ironman, me permettait de participer au Natureman. J’espérais grâce à cette course, le 7ème Half-Ironman de 2017, et le 10ème triathlon, voir tous les progrès réalisés dans chacune des disciplines se matérialiser. 
Mes 3 dernières courses, le Half-Iron de Chantilly (le CR de ma course), le XL de Gérardmer (le CR de ma course) et le Tri-Race Emeraude (le CR de ma course), m’ont laissé un petit goût d’inachevé pour 2017. Entre pépins physique et mécanique je n’ai pas encore réussi à sortir une course pleine cette année, une course à mon niveau.

J’ai eu l’occasion de reconnaitre le parcours vélo du Natureman cet été. J’ai alors pris conscience de la difficulté et de l’exigence de ce tracé. De nombreuses bosses, avec des pourcentages variés, allant de 5% à plus de 15%, du vent, des descentes assez techniques par moment, mais surtout un décor de rêve avec des points du vues qui donnent envie de s’arrêter tous les 100m pour prendre des photos. Bref, ce parcours réunit toutes les conditions pour une explication à la pédale, et se faire plaisir!!
Au niveau de la préparation, j’ai pu remettre un petit cycle de 10 jours d’entrainement après Saint-Lunaire, et je sens que tous les voyants sont au vert. Très bonnes sensations dans l’eau sur les dernières séances avec des chronos qui pour moi sont bons, super jambes à pied lors de la dernière séance d’intervalles. Seule ma forme à vélo me laisse un léger doute. En effet j’étais « cramé de chez cramé » à 10 jours de la course, rien dans le jambes, rien dans la tête, et je n’ai pas eu envie de me retester à moins d’une semaine de la course, ça sera la surprise en enfourchant le vélo.

Race-Day 

Réveil, 6h20 pour un départ à 9h10. Le traditionnel gatosport/ café. Zou en voiture. Le thermomètre annonce 3 degrés. Je me frotte les yeux. Il n’a pas bougé c’est toujours marqué 3 degrés !!! Le temps d’arrivé sur le site de course, la température est montée à 8 degrés… rien de fou pour le moment. On se les pèle !!! Le temps de m’installer dans le parc, de m’habiller et je me place sur la ligne de départ devant les 1300 autres triathlètes.

natation


Les femmes sont parties 15’ avant nous. Je me place en première ligne, juste derrière les dossards professionnels. Il y en a une dizaine, ils ont tous un palmarès impressionnant, et je sais que si je me rapproche du top 10, je fais une belle course. Entre autres parmi ces bonnets jaune, Bertrand Billard (double Champion du monde ITU Longue Distance), Victor Del Corral (vainqueur de l’Ironman de Nice en 2016), Arnaud Guilloux (Vainqueur du Triathlon de l’Alpe D’Huez en 2015, entre autres…), Andrej Vistica (Vainqueur de l’Embrunman en 2015, 2nd en 2016 et 2017), Manu Roux (2ème à Gérardmer il y a quelques semaines), Kévin Rundstadler (Vainqueur l’an passé et 3ème des Championnats de France 2017), mais aussi Eric Merino, Romain Garcin, Arthur Horseau, Olivier Marceau, Alexandre Blain, et surement quelques autres étrangers costauds que j’ai oublié (désolé)… Bref, il va y avoir de la bagarre. Parenthèse sur le plateau masculin fermée. 

 

Top Départ !!


Je prends un départ que je considère comme bon (on n’est jamais très objectif dans ce genre de moments). Je vois exclusivement des bonnets jaunes autour de moi, signe que je suis au milieu des pros (bonnets bleus pour les amateurs). La natation fait 2000m, avec une sortie à l’australienne à mi-parcours. Au passage de la première bouée je me fais légèrement décrocher du groupe dans lequel j’étais mais je fais l’effort pour recoller directement. J’aperçois les pieds d’Arnaud Guilloux que je reconnais grâce au manchon de compression sous la combinaison. Je sors normalement à 2’ d’Arnaud sur 1900m lorsque je fais une natation moyenne. Je ne trouve pas le rythme très élevé et j’arrive à rester dans les pieds. Je me concentre sur ma technique, afin d’avancer le plus vite, en faisant le moins d’effort et de chemin possible. Sur le retour, le rythme ralenti, et je suis à peine sur une allure Ironman. Je sais que le gros du morceau arrive avec le vélo et je décide donc de rester bien au chaud au sein du petit groupe même si je sens que j’aurai pu passer devant et relancer un peu l’allure. Je n’ai aucun intérêt à mener ce groupe. 
Je sors à l’avant en compagnie de presque tous les favoris, Arnaud, Arthur, Victor, Andrej, Manu… Seuls Bertrand et Kévin sont devant à 1’40. 


Je fais une transition catastrophique, et je monte sur mon vélo en dernière position de ce groupe, je perds presque 10 places en l’espace de 15 secondes. Ça bouchonne légèrement lors de la montée du vélo car nous avons rattrapé pas mal de filles parties plus tôt. 


A ce moment tout peut arriver, je peux crever, tomber, casser mon vélo, je suis déjà satisfait de ma journée. J’ai réalisé ma meilleure natation de l’année, sans forcer avec la sensation d’avoir une marge énorme en permanence. Le meilleur reste à venir avec le vélo et je l’aborde avec la banane. L’objectif était de me faire plaisir du début à la fin, sans m’occuper d’aucun autre concurrent. La première bosse arrive au bout de 5kms. 9km à 4%, je respecte à la lettre les allures que je me suis fixé, 360/370W dans les parties les plus raides, 330W/340W sur les faibles pourcentages et entre 250 et 300W sur les parties roulantes. J’ai fait la simulation sur BestBikeSplit avec ce type de valeurs et je sais que si je tiens jusqu’au bout, le chrono devrait être sympa et je ne devrais pas poser le vélo trop loin de la tête de course. Je remonte quelques concurrents qui m’avaient doublé lors de la transition. J’ai de très bonnes sensations. Je bascule en haut de la première bosse en 8ème position. La descente est rapide et par moment technique, je descends prudemment pour être sûr de ne pas commettre d’erreurs. Andrej Vistica me rattrape alors, je décide de ma caler sur son allure à une cinquantaine de mètres derrière. J’avais décidé de ne m’occuper de personnes, mais quand le vainqueur de l’Embrunman est avec toi tu te sens un peu obligé de voir si tu peux suivre. Au bout de quelques minutes je trouve le rythme finalement assez light et décide de repasser devant. Il restera derrière jusqu’au pied de l’Enfer du Sud. Nous attaquons ce mur de 2km à 15% avec Manu Roux en visu 20 secondes devant. Cette côte est tellement raide que je n’ai pas d’autre choix que de la grimper en danseuse de A à Z. Pour ceux qui ont fait le tri de Deauville, c’est la côte de Saint Laurent sauf que ça dure 2km au lieu de 400m… 400W de moyenne dans cette bosse, le cardio au rupteur, je commence à regretter mon braquet de 42x28 et mon choix de roues Lenticulaire/3B, j’ai l’impression de tirer une enclume. Je sens qu’Andrej coince un peu derrière et un écart commence à se créer. Dans le même temps je grapille seconde après seconde sur Manu Roux. 


J’arrive en haut de cette bosse avec tous les muscles prêts à exploser, et je n’ai qu’une envie c’est de m’arrêter et m’allonger par terre. On m’annonce en haut de la bosse 5’30 de retard sur la tête de course. Je sais qu’avec Bertrand aux avant-postes ça a dû rouler très fort, mais prendre 3’30 juste sur 1h15 de course je trouve ça énorme, d’autant plus que je n’ai pas caressé mes pédales, je les ai écrasées ! 


Néanmoins, pas le temps de se reposer il faut relancer car maintenant il faut attaquer une portion de 10km, toute plate, vent dans le dos. Le petit doute concernant mon choix de roues s’est tout de suite évaporé. Et je peux apprécier le confort de mon « wheelset » dans ces conditions. 10km à 52kmh de moyenne, sans forcer, tête dans le guidon, je dépasse Manu Roux. Je suis alors 6ème. Le paysage défile vite et c’est grisant. J’ai envie d’écraser les pédales mais je sais que ce n’est pas raisonnable. Je fais tourner les jambes à 250W, c’est presque de la récup, mais je sais que le parcours est encore long et qu’ils reste quelques difficultés à franchir. 


S’ensuit une descente technique ou je manque de partir dans le décor à cause d’un revêtement « houleux ». Mon vélo décolle littéralement du sol à 40kmh, ma main glisse du guidon à cause de la transpiration. J’arrive grâce à un réflexe sorti de nulle part à freiner puis tourner juste avant de finir dans la palissade du camping. Je ralenti 10 secondes pour être sûr que mon vélo a tenu le choc (la rigidité des roues et du cadre fait que tout raisonne à la moindre secousse) puis je termine cette descente sur la défensive, sans prendre aucun risque. Je grimpe la bosse suivante en respectant encore mes allures, un bon 350W de moyenne, sans forcer. 

velo

Quelques faux plats montants et descendants plus tard j’aborde la dernière bosse du parcours. Ce n’est pas la plus dure, 5kms à 4/5%, mais son emplacement dans le parcours, vers les kilomètre 70, lui donne le rôle de juge de paix. Sois-tu as les cannes et tu creuses l’écart, soit tu ne les as plus et tu restes scotchés au bitume pendant 20 minutes. En établissant mon plan de course et mes allures, j’avais estimé que je devrais encore avoir du jus et que je pourrais attaquer dans cette dernière difficulté, sois pour essayer de recoller devant soit pour creuser l’écart derrière. 


En abordant le cette montée j’étais euphorique en voyant que mes jambes répondaient encore, je grimpe à 350W de moyenne sans forcer, et je vois que derrière ça craque. Je n’avais pas encore fait de calcul de position dans ma tête, mais je sais que si je pose le vélo devant Manu Roux et Andrej Vistica, avec 1 à 2 minutes d’avance, je ne devrais pas être trop mal. Une fois cette dernière difficulté franchie, il ne reste plus que 10kms de faux plat descendant. Merino me double à ce moment-là. Je l’avais doublé au début de la première bosse du parcours. J’hésite un cours moment entre suivre son rythme pour poser le vélo avec lui ou lever le pied pour espérer commencer la course à pied avec des jambes fraiches, car la fatigue commence à se faire sentir. J’opte pour la deuxième option, et c’est surement ma seule erreur stratégique du jour, qui me coûte une place au classement général.

Je rentre dans le parc à vélo avec 20 secondes de retard sur Merino, et en même temps qu’Alexandre Blain (cycliste professionnel), qui a fait un vélo monstrueux et a roulé presque 5 minutes plus vite que moi. En rentrant dans le parc je croise Arnaud, Kevin et Victor Del Corral qui eux en sortent, et je me doute que Bertrand cavale seul en tête après avoir fait un vélo de mammouth. Je dois être à environ 3’ minutes du podium. Tout reste jouable.
J’effectue une transition correcte mais sans plus et je ressors entre Merino et Blain, à la 6ème à 20 secondes de chacun. J’essaye de partir sur une bonne allure, mais j’ai les périostites qui brulent, je sais que ça ne va pas être une partie de plaisir. 


Le briefing de course annonce une course à pied mêlant trails, chemin et route. Je ne connaissais pas le parcours. Je m’attendais à du 1/3, 1/3, 1/3. En fait on est plutôt sur du 90% trails, 9% chemins et 1% route. Erreurs de débutant concernant le choix des chaussures. Je cours avec des Nike Zoom Streak 6. Véritables avions de chasse sur la route, mais aussi véritable enfer en trail. J’ai les chevilles qui ne demandent qu’à twister tous les 10m et j’ai l’impressions de marcher sur des œufs.
Le début de course à pied est difficile, je sais que Merino est un très bon coureur surement meilleur que moi, mais que je dois courir plus vite qu’Alex BlainJ’ai aussi vu Andrej et Manu qui sont à moins de 2 minutes derrière qui sont surement plus rapide que moi en course à pied. J’en arrive à la conclusion que le top 10 doit être atteignable si je n’explose pas en cours de route, ça serait déjà une belle réussite. Km 3, l’enfer du sud version course à pied. Un mur à 45% qui fait 70m. Surement par manque de lucidité j’’essaye de l’attaquer en courant. Il m’aura fallu trois pas pour glisser, tomber, cramper, puis finir presque à 4 pattes jusqu’en haut. 
J’essaye de m’étirer, de me masser le grand adducteur gauche et droit, et je repars 30 secondes plus tard au petit trop de façon désarticulée en tortillant des fesses. Heureusement ça descend. Je fais des mini foulées pour éviter de solliciter les muscles. Je double Kévin Rundstadler qui avait vraiment l’air mal. Je passe donc 5ème Je ne vois plus Merino devant mais Alexandre Blain n’a pas l’air de revenir. Plus j’avance, plus je découvre le parcours, et plus je me demande quand est ce que je vais pouvoir vraiment courir. 

cap

6ème kilomètre, arrêt Technique au pied d’un arbuste avec une jolie vue sur le lac. Surement la bière de la veille qui n’est pas très bien passée et le dosage de mes bidons un peu aléatoire. 20 secondes de perdues, rien de rédhibitoire.


Mes jambes commencent à se délier petit à petit, et j’effectue la fin de la boucle en retrouvant peu à peu des sensations. Je croise Merino il a 1’ d’avance, et Alexandre, qui est 1 minute derrière. 1’ c’est peu. Je peux tout aussi bien faire 4ème que 6ème, voire bien pire si ça revient fort de derrière, car même si ça va mieux j’ai encore l’impression de me trainer. J’attaque la deuxième boucle avec un meilleur état d’esprit que la première, en essayant de récupérer sur les parties escarpées et de sauver mes chevilles, et relancer l’allure lorsque le terrain s’y prête. J’effectue la seconde boucle en essayant d’être au maximum à l’écoute de mon corps, de tous mes muscles. Etre à la limite de la crampe en permanence, mais ne jamais dépasser cette limite. C’est un jeu assez subtil. Je regagne un peu de temps sur Merino, mais il est trop tard, je ne suis plus qu’à 20 secondes de lui, mais avec moins d’un kilomètre à parcourir ça ne sera pas suffisant. 


Je viens donc franchir cette ligne d’arrivée en 5ème position, premier amateur de la course et premier Sénior 1. C’était tout simplement plus fort devant. 10ème temps en natation, 8ème temps vélo derrière des mammouths de la pédale, et 6ème temps à pied ou je concède tout de même 5 minutes sur Arnaud Guilloux. 
Un grand bravo à tous les finishers de ce Natureman. Un grand merci également à l’organisation et aux bénévoles pour nous avoir proposé une course d’une telle qualité.
On me l’avait dit, je le confirme, le Natureman, ça vaut le détour!

Un grand merci également à tous pour tous les encouragements!!

Pour les amoureux des chiffres : 2h30 et quelques secondes sur le vélo (92km et 1400m de D+). 36,5kmh de moyenne, 288 Watts AP et 308 Watts NP pour 71kg.

Le fichier strava est dispo ici : https://www.strava.com/activities/1222088731/overview

 

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