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Petit récit de cette grande journée :

Lever 1h45, je ne me sens pas fatiguée comme les veilles de course où je n'ai pas dormis. C'est mon premier XXL, mon premier effort de plus de 10h... alors je relativise !
Un dépôt assez rapide des affaires dans le parc, de nuit pour la première fois. Je suis assez tranquille, juste heureuse d'être là plus que jamais. Il pleut déjà énormément mais le temps déjà changeant les jours précédents, nous avait fait comprendre qu'il serai capricieux. 
Mon support, papa-maman, semblent être un peu inquiet pour la place dans la voiture, mais je me dis que de toute façon ils feront de leur mieux et que se sera bien assez. 

Vient ensuite la montée dans le ferry. Je suis tranquille, je souris à la famille et je leur demande d'avoir l'esprit d'équipe. Je suis la seule à être en civil. 
Sur le bateau l'ambiance est globalement sereine, bien loin de la vidéo. Je retrouve mon petit groupe Français et ensemble nous discutons de nos autres expériences, et nous rigolons gentillement. Je me prépare, sereine, tranquille, je connais tout ça avec les Swimrun (réveil tôt, ferry, se préparer sur le tas), et Arena (merci Olivier#arenafrance #arenawaterinstinct) m'a fournit du matériel de qualité que j'ai pu bien tester. J'essaie de bien appliquer à la lettre ce que m'a dit le coach d'azur performance (Fréd Hurlin) : manger, boire, avoir chaud en tournant les Bras. On reste ensemble avec les Français, c'est vraiment extra comme petite ambiance. Je me mouille au jet de l'eau du fjord : l'eau est assez froide mais pas de surprise. 
Ensuite c'est le moment de sauter. Les autres y vont sans hésiter, moi je reste quelques minutes sur le côté, mais très vite comme l'a dit Eric, il ne faut pas trop réfléchir. Et la surprise : l'eau est bonne ! Je suis bien... je me positionne tranquillement derrière les kayaks et déjà le départ est donné. 

La natation se passe bien, rarement fait cette distance d'une traite donc je vais avaler les kms avec patience. J'ai décidé de tout miser sur la natation si je veux prétendre au noir. Idéalement 1h ou un peu moins. Je me concentre donc sur la technique : bien utiliser la glisse, bien finir le mouvement. Je pense à tout et à rien à la fois. 
L'orientation est facile car il ne fait pas nuit, et c'est un couloir entre falaise et kayak, rarement je lève la tête. Je ne fatigue pas, je suis régulière et déjà la bouée jaune apparaît (j'ai chaud !). Puis 800m à longer le port avec les supporters : je vois maman inquiète qui me suis et me prends en photo, l'équipe de Marc qui me suis et m'encourage. J'ai déjà envie de pleurer, j'ai le cœur qui se gonfle de joie... je suis dans le parc de transition sous la pluie en 1h08 (temps moyen qui me permettra difficilement le noir assuré). Papa est parfaitement près, il a tout. On est un peu désorganisés tout les deux, mais je finis habillée et sèche, heureuse, motivée.

Je pars sur le Velo sous la pluie battante. Pour une fois je ne suis pas essoufflée, je peux vite prendre un rythme, mon Velo avec les roues Carbon, la selle, et l'ultegra... c'est une bombe (merci #livcyclingfrance #livenvie#giantaix #giantnantes) !! Je perd ma visière casi immédiatement mais pas le temps de faire demi-tour. Tout va se jouer là... je suis plus stressée. Je savais que tout le monde allait me doubler sur la première difficulté (25km de montée). J'essaie de m'accrocher mais j'ai peur de me mettre dans le rouge. Je fais au mieux et je perd peu de place. En haut de la montée je décidé de me changer casi intégralement car je commence à avoir froid, mais tout ceux auquel je m'étais accrochés me doublent. 
Puis vient le plateau : je me sens bien, j'ai une bonne moyenne mais la pluie ne fait que cesser. Les gens continuent à me doubler... et puis je retrouve marc et BriceMarc nous annonce dans les 130 premiers, ce qui me motive énormément. Le plateau est magnifique, et le temps des premières descentes me fait du bien, quelques zones de secs se présentent, mais elles ne durent jamais bien longtemps. Je sais que beaucoup m'ont doublés... mais j'essaie de rester positive et de profiter de la chance que j'ai de traverser ces paysages.
Cependant, le 110e km et le premier col me donne des difficultés dans les jambes mais surtout dans la tête, je me fais énormément doubler. Je passe les 3 premiers cols en essayant de me battre et de bien manger. Puis le 4... encore une grosse et dernière difficulté à 8km/h... j'essaie de me forcer mais rien ne vient. Je suis en blanc de toute façon depuis le premier col, je serai hors des chanceux 160... j'ai du mal à me battre, mais je continue à mouliner autant que je peux, jusqu'au bout. Mon support est là régulièrement et le ravitaillement me fait tenir. En haut de la montée papa me dit que c'est bon, c'est la plus grosse marche et je me met à pleurer "je vais le faire papa"! 
Et puis le 2e plateau... c'est magique jamais rien vu de tel malgré une pluie battante. Je profite, je me régale, mais mes jambes sont parties bien loin. La descente est difficile, freiner en carbone, sur une route parfois jonchée de pièges et ce sous des trombes d'eau c'est pas le mieux, mais je reste concentrée et je ne prends aucun risque, le noir est perdu de toute façon... le blanc d'ailleurs aussi car je viens de réaliser un sacré challenge pour mon corps. La course à pied c'est ma plus grande faiblesse, jamais je n'ai réussir à courir correctement alors là...Pour moi c'est impensable, un MARATHON (je n'en ai jamais fais d'ailleurs) ? Alors que je suis en train de trouver des difficultés à tenir sur les variations de dénivelés de la fin de parcours ? 
Enfin... 183km... je suis à T2. Ma support Team est prête, papa me félicite. Je suis assise... je ne lui dit pas que je ne veux plus courir. Je n'ai pas de jambes. 

Et puis je suis au sec, nous sommes vraiment efficaces sur la transition, il ne pleut plus, alors j'essaie. Et là : je vois une pancarte qui m'annonce 153e... 
À ce moment là il s'est produit une chose incroyable. J'ai pensé à Laurentet au coach Fréd : 25km "de ta vie de coureuse" et c'est gagné... 25km pour être noire si je ne me fait pas (trop) doubler, 25km et s'il il le faut je ne courrerais plus de si tôt. Simplement en course à pied pour moi c'est impossible... mais les jambes me disent autrement. Je suis debout, bien, ca me fait même du bien de courir. La route est plate, quelques faux plats montant, quelques bosses mais je cours... je suis entre 12 et 13km/h !! Et JE DOUBLE ! Je suis bien. Papa est là très régulièrement, avec maman ils se sont organisés : je ne peux pas m'arrêter alors je bois et je mange en courant de tout et n'importe quoi, ce que mon corps veut. Simplement très vite je ne peux plus ni manger ni boire, alors papa me donne par petite quantité ce que je lui demande tout les 3km environ. Ils sont au top ! Dans ma tête, rien ne m'arrête... je suis déterminée, et les gens me répètent et m'encouragent par ce que je suis souriante et heureuse, je sens que je peux me battre. Je me bat mais la vitesse diminue à 10 puis à 9 km/h. Mais rapidement le 25e km arrive. Je suis 132e... encore 7km200 et je serai en noir. Nous sommes de véritables zombies : ce qui as valu le nom de "zombie Hill" à cette fameuse montée. Les gens marchent vite, je commence à me faire doubler ... énormément... papa me rejoint et marche avec moi, ça me motive mais ce n'est pas suffisant. Je suis 146e... 

147e... et là... les tambours et les drapeaux du Cutt off apparaissent derrière deux derniers virages...je pleure de joie. Je suis en noir ! Je serre papa.... Je serre la main de l'organisatrice. Je pleure à chaudes larmes de joies, mais l'envie de passer me permet de me ressaisir vite, ce n'est pas encore finis ! 

Le temps s'est un peu arrêté et la course aussi. On marche en direction de la porte et du check up Medical pour pouvoir monter en prenant notre temps. C'est un peu long, mais maman fait une apparition, on prends des photos, on discute avec d'autres participants.
La montée est longue... très longue. Je ne souffre vraiment que sur les derniers km où il commence à faire froid, mais papa me tiens la main et on monte. La vue est incroyable !! C'est un paysage angélique... de carte postale... entre nuage est soleil, entre verdure et eau. "Il reste 1km" ! 1km depuis 219km, les derniers 1000m qui me séparent du ferry, les quelques cailloux à monter, les quelques pas et efforts à fournir. 
Et puis... en haut de quelques marches, je pleure en croisant l'équipe de Marc et Eric. Encore quelques marches. Et je vois enfin le bout du bout.
La victoire est difficile à célébrer. Mais pas de chichi, on est accueillis doucement par l'équipe avec une couverture et de la soupe, on mange un peu et on redescend. Je suis dans un état curieux, presque léthargique, vidée, incapable de crier ou de pleurer encore. L'aventure est finie, et les souvenirs restent. 

Prochaine étape ?