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Triathlon de Chantilly 2017 Race report

Le triathlon longue distance de Chantilly marquait mon retour à la compétition après 8 semaines sans dossard. Il vient se placer au début d’une série de 3 half-Ironman en 3 week-ends. Chantilly, puis le triathlon XL de Gérardmer pour terminer par l'Emeraude Tri Race de Saint Lunaire (35).

J’attaque ce week-end avec un bon bloc de 6 semaines d’entrainement, sans être au top de ma forme (un peu de fatigue accumulée), mais avec l’envie de voir les progrès réalisés à l’entrainements se répercuter en course. L’objectif n’est pas de réaliser une super course à Chantilly puis 2 courses en étant cramé les week-ends suivants, mais bien d’être régulier en réalisant 3 courses à 99% de mon niveau actuel.

Jour de la course : Réveil 5h45, le temps de préparer le gatosport de boire un café et de vérifier la météo, et hop en voiture. La météo justement, annonçait un grand soleil, 20 degrés le matin et 30 l’après-midi. Un peu chaud pour la course à pied mais assez proche des conditions parfaites…

45minutes de route, je récupère mon dossard, colle les quelques autocollants réglementaires sur le casque et le cadre, me trouve une place dans le parc à vélo déjà bien rempli, et là, oooh surprise, des gouttes tombent du ciel !! Premier réflexe, regarder la météo de mon téléphone, qui m’annonce toujours grand soleil. Pas d’inquiétude, ça doit être une petite bruine matinale, après tout il n’est que 7h30. Sauf que petite bruine devient rapidement grosse pluie. Bref pas le temps de compter les gouttes qui tombent je suis déjà à la bourre, j’enfile ma combinaison en vitesse et j’arrive juste à temps pour le briefing.

Petite nouveauté cette année concernant le parcours natation, il sera constitué de 3 boucles (contre une seule en forme de T les années précédentes). Une première petite boucle avec un demi-tour à 180 degrés au bout de 200m (du jamais vu jusqu’à maintenant), puis 2 boucles en T de 750m. 
La natation ne se passe pas trop mal même si la qualité de l’eau est encore pire que les années précédentes. J’ai vraiment la sensation d’avoir la tête penchée au-dessus d’une fosse-septique à certains moments. Je peux gratter le fond du bassin avec ma main gauche et pratiquer le jardinage avec la droite en même temps.

Bref cette natation est dépaysante, mais ce n’est clairement pas une ambiance tropique et cocotier !

Côté performance, je sors de l’eau en 6ème position, en ayant le sentiment d’avoir réalisé une natation solide mais sans forcer.

Première remarque lorsque je sors de l’eau, il pleut toujours. A ce moment je suis content, car ma seule et unique victoire sur Longue Distance (Vendôme 2016) a été réalisée sous la pluie, je me dis que je suis peut-être bon dans ces conditions. Une transition correcte sans être incroyable, j’enfile mon casque avec la visière et là, surprise du jour numéro 2, je ne vois rien. Entre buée et gouttes d’eau je vois aussi clair qu’en regardant dans l’eau lors de la partie natation, autant dire NADA !

J’essaye d’enlever les gouttes et la buée avec mon doigt (mouillé donc ça ne marche forcément pas très bien). Tant pis je pars comme ça et on avisera pendant le vélo. 
Le parcoure vélo commence par un long chemin d’un kilomètre qui permet de sortir du parc du château. Quand le temps est sec, le chemin est déjà limite praticable, parsemé de trous, cailloux, nids de poule et j’en passe, mais quand il pleut des trombes d’eau, que je ne vois pas à 1 mètre devant moi, c’est d’autant plus compliqué. Même avec un VTT j’aurai hésité à rouler là dessus, alors je vous laisse imaginer avec un vélo de contre la montre et une roue à disque à l’arrière. Je sers les fesses et prie de ne pas crever avant de rejoindre la terre ferme (le chemin de boue n’étant pas très ferme). Je réalise cette partie à une vitesse incroyable de 20kmh, j’aurai peut-être été plus rapide à pied !! 
J’arrive enfin sur la partie goudronnée, qui commence par un enchainement de quelques virages, je ne vois rien à travers la visière, la chaussée est détrempée, je roule sur des œufs, et prends chaque virage le plus lentement possible. Je rejoins enfin mon terrain de jeu, des grandes ligne droites en faux plat montants et descendants. Qu’il pleuve, qu’il vente, peu m’importe, pas besoin de regarder devant mais juste d’écraser les pédales en regardant le bout de mes prolongateurs. Les jambes ont l’air de bien répondre, entre 330 et 340Watts sur le compteur. Hormis la visibilité ça s’annonce plutôt bien. Je double rapidement quelques concurrents, et sur une petite portion en aller-retour je jauge l’écart avec la tête de course, qui est d’environ 2 minutes à ce moment-là. Je passe 3ème puis 2ème en écrasant fort les pédales mais toujours en restant confortable. Je m’étais fixé comme petit objectif d’avoir le meilleur temps vélo.

Kilomètre 25, gros rond-point en haut d’un faux-plat montant, vitesse d’approche 30kmh. Je relance en danseuse à la moitié du virage pour attaquer la ligne droite qui suit à pleine vitesse. Sur route sèche aucun soucis. Mais la route était mouillée. Le temps de voir le 400Watts s’afficher sur mon compteur que j’étais déjà par terre en train de glisser lamentablement. « Pas le temps niaiser », je me relève, vérifie que rien n’est cassé (d’abord mon vélo et ensuite mon flanc gauche). Et hop je repars en me disant que je n’ai perdu qu’une trentaine de secondes, et que vu que je n’ai pas pédaler c’était presque de la récup’. J’ai perdu une place dans l’opération et me retrouve de nouveau 3ème à 15 secondes du 2ème. Je fais l’effort rapidement, recolle, et repasse devant. Les jambes sont toujours là, aucune douleur due à la chute. 
KM 35, descente, virage à 90 degrés sur la gauche en bas, bénévole qui fait de grand signe pour me dire de ralentir. Oui oui je t’ai vu, je vais freiner… Ah non, en fait mes freins ne freinent pas. Route grasse + détrempée + jantes en carbone + zéro freinage = ?? plutôt simple comme équation non ? j’arrive dans le virage à 45kmh, pas si vite que ça vu le virage, mais beaucoup trop vite vu mes boyaux tout lisses et l’état de la route qui ressemble à une patinoire. Sans surprise, à peine le virage entamé, je me retrouve par terre pour la seconde fois en moins de 20 minutes… J’ai plus chuté en 10km ce dimanche qu’en 30000 kms de vélo en 4 ans. Je glisse un peu, mais je sens que ça pique légèrement. Je me relève, coude ouvert, un beau scalp au poignet, et même si je n’arrive pas à la voir je sais que la hanche a dégusté car la Trifonction est tout arrachée – pas très aérodynamique pour la fin du vélo tout ça !! Le temps de vérifier que le vélo n’est pas cassé et que j’arrive à bouger correctement pour la deuxième fois et je repars dans la foulée. J’ai de nouveau perdu une place dans l’opération, et un peu plus de temps cette fois-ci.

pizza

Cette deuxième chute a laissé plus de marques que la première, je ne peux pas poser le bras gauche sur le repose bras, ni le poignet sur le guidon. Ça saigne de partout mais la pluie permet de rincer tout ça. Les jambes sont un peu plus dures après cette deuxième galipette et je mets beaucoup plus de temps pour revenir sur le 2ème Homme. Mon GPS n’a pas dû aimer la pluie diluvienne car il s’allume et s’éteint tout seul en permanence… plus d’infos de temps, de cadence ni de puissance, il va falloir gérer aux sensations les 40 derniers kilomètres (presque la moitié du parcours finalement). Je récupère la deuxième place au milieu du second tour et nous effectuons la fin du parcours dans un temps presque équivalent. J’attaque le retour vers le château en 2ème position avec une quinzaine de secondes d’avance, mais ne pouvant tenir mon guidon à cause de mon coude et mon poignet j’effectue ce dernier kilomètre de VTT en mode « cruising » je me fais alors redoubler et nous rentrons simultanément à la place de 2 et 3 dans le parc à vélo. 
Le soleil prévu par la météo nous a rejoint et il fait un bon petit 30 degrés au thermomètre.

Je sors du parc en 3ème position à quelques enjambées de la seconde place, les jambes répondent bien, très bien, ce qui vient confirmer les progrès réalisés à vélo. Même si je n’ai aucune idée de mon temps j’ai le sentiment que je n’ai pas fait que caresser les pédales.

Je profite de ces bonnes sensations pour partir sur une bonne allure, tout en restant dans la gestion de l’effort. J’effectue les 5 premiers kilomètres en 18’30, un peu plus de 3’40/km, vu le parcours de Chantilly, typé trail et chemin, je sais que je suis sûr de bonnes bases. J’ai acquis une légère avance d’une 30 de secondes sur la troisième place. Aucune douleur, 3’30/km sur le plat en étant facile. Ça fait longtemps que j’attends de ressentir de telles sensations sur le semi-marathon d’un triathlon. Kilomètre 6, retour à la réalité. Je ne sais pas par quel processus mon cerveau s’est soudainement rappelé que j’étais tombé 2 fois à vélo et que j’avais la hanche à vif. En l’espace de quelques secondes impossible de continuer à garder l’allure sans avoir une douleur aiguë à chaque foulée au niveau de cette hanche gauche (en voyant la plaie après la course je trouve ça incroyable d’avoir réussi à courir 6kms à cette vitesse). Je décide de lever le pied, et de conserver une allure footing rapide, afin de terminer la course sans accumuler trop de fatigue. Je cours les 15kms restant à 4’10/km de moyenne pour boucler le semi en 4’04/k, presque 15kmh en étant super facile, c’est très rassurant pour la suite de la saison. J’en profite pour encourager les quelques athlètes du Stade Français que je double sur le reste de la course. Je perds ma seconde place mais parviens à conserver la 3ème place du podium.

cap chantilly

J’apprendrais lors de la remise des prix que j’ai réalisé le meilleur temps vélo du jour… En tombant 2 fois… 
Même si le résultat final n’est pas celui que j’espérais, je repars de Chantilly rassuré sur mon niveau actuel même si bien amoché. L’enjeu principal cette semaine va être de bien récupérer et soigner toutes les plaies pour attaquer le Triathlon XL de Gérardmer en plein possession de mes moyens !!

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