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dossard geradmer

 

Dimanche dernier, je participais pour la première fois a Triathlon de Gérardmer XL.

Petit Compte rendu de mon premier essai sur l’un des triathlons les plus beaux que j’ai pu faire.

Vendredi :

9h : Je remonte le vélo en mode course. Je remets les patins de freins pour les jantes carbone, je mets en place le porte bidon aéro, enlève tout ce qui est inutile, vérifie que tout fonctionne bien, et… tout ne fonctionne pas ! Mon shifter (petite manette pour faire passer les vitesses en bout de prolongateur) de dérailleur arrière ne marche pas. J’ai déjà eu le coup avant et après Hawaii, et aussi début Janvier. C’est une mécanique assez complexe mais je sais qu’en 30min tout devrait être rentré dans l’ordre.

10h30 : Je suis toujours sur mon shifter, rien à faire, dès que je le remonte le mécanisme saute à la première occasion.
11h45 : J’ai enfin réussi à le remonter correctement et ça semble « shifter » parfaitement. Ca tombe bien il faut que je parte mon train est à Gare de l’Est à 12h25 et il me faut 25 minutes pour y aller en vélo. Je descends les 7 étages qui séparent mon appart’ du plancher des vaches pour me rendre compte que j’ai oublié mon casque en haut. Je chope le KOM de mes escaliers en montée et descente. 
11h58 : je pars enfin. Je ne suis (presque) pas en retard, mais je n’ai pas de marge, il va falloir bombarder. 
12h24 : j’arrive à la gare après avoir fait un petit CLM de 25’ à bloc sur les pavés de Paris. Mon shifter a de nouveau sauté sur le trajet. 
12h25 et 30 secondes, je saute dans le dernier wagon du train, vélo toujours monté. 
12h26 et 1 seconde, le train part.

Ouf, c’était moins une !!! Me voyant galérer avec mon vélo et mon sac de 20kg sur les épaules, un gentil voyageur vient me donner un coup de main et c’est en discutant avec lui que je m’aperçois que je ne suis pas dans le bon train… hum hum hum… Celui-ci s’arrête à Nancy alors que je vais à Epinal. Je suis dans le mauvais train, avec un vélo qui ne marche pas pour aller faire une course sous la pluie… Bref ce week-end est plutôt mal embarqué ! 
Le bon train est en fait en tête de rame, et il va falloir que je fasse un changement express à Nancy pour sauter dans le bon wagon.

Je retrouve Olivier à Nancy, qui lui était dans le bon wagon dès le début. 40 minutes plus tard arrivée à Epinal. On a ensuite loué une voiture pour faire la jonction jusqu’à Gérardmer et on loge dans un AirBnB à côté du lac de Longemer, à 5’ du site de course en voiture. 
Premier arrêt à Gérardmer pour récupérer les dossards. Je me repenche sur mon shifter pour essayer de le réparer, mais je m’arrête au bout d’une heure avant de m’énerver et de jeter mon vélo contre un mur. Je m’y remettrais ce soir au calme.
On part en voiture faire la reco du parcours. Olivier a déjà participé plusieurs fois à la course et me sert de guide de luxe.

Ce parcours justement, est magnifique, exigent et technique. 3 boucles de 31km, avec 3 cols par tours pour faire un total de 93kms et 1900m de D+. Les bosses ne sont pas insurmontables mais leur répétition ainsi que la variété des pentes entre 5% et 15% rendent le parcours très usant.

profil velo

Le temps de faire quelques courses, de profiter des quelques rayons de soleils qui ont pointés le bout de leur nez, on file à la pasta-party proposée par l’organisation. Enfin c’est plutôt un buffet, entrée – plat – dessert, on a même le choix de la sauce avec les pates ! Rien à redire de ce côté-là, l’organisation aura été au top du top tout le week-end. L’inscription à la course est chère, mais elle vaut largement sont prix.

21h retour à l’appartement, je repasse 2h sur mon shifter, rien à faire ça ne marche pas. J’en arrive à la conclusion que la pièce est morte… Je repense à ce moment-là à Olivier Journaux, qui m’avais dit à Hawaii qu’il avait définitivement abandonné les shifters indexés car ils n’étaient pas fiables... Bref, je n’ai que possibilité pour demain, ne pas prendre le départ, mais c’est hors de question. Ou tout faire avec 2 vitesses, en mettant la chaîne sur un pignon défini et en jouant juste avec mes 2 plateaux à l’avant. Je sais que ce n’est pas optimal mais je le prends comme un challenge. De toute manière vu la start-list il aurait été très dur de rentrer dans les 7 premiers, il y a 10 à 15 athlètes qui sont au-dessus de mon niveau sur le papier.

23h30 au lit => réveil 6h45. Gatosport, café. Il pleut. La météo prévoit déluge et orage toute la journée… Pas super réjouissant pour faire une course dans la montagne. Les descentes sont quand mêmes techniques et rapides, Frederik Van Lierde était monté à 97kmh l’année dernière… interdit de rater un virage et chuter à ces vitesses… Ce n’est pas le même tarif qu’une relance ratée à 30kmh sur un rond-point !

depart

On se rend sur le site du départ, le thermomètre annonce 8°C dans la voiture, il pleut des trombes d’eau, la motivation n’est vraiment pas à son top ! On pose les vélos et les sacs de transitions, le temps de s’habiller et il est 9h30 heure du départ. Je pars en première ligne à côté de Cyril Viennot. Si j’arrive à suivre son rythme je sais que je fais une bonne natation sans griller de cartouche. 
Top départ, ça part vite, mais sans plus. Au bout de 300m je vois que j’ai Cyril juste à ma gauche. Parfait, enfin ça ne va pas durer. Je me fais accrocher la cheville. Pas caressé ou touché comme ça arrive d’habitude, par le nageur qui est juste derrière mais vraiment attrapé dans le but de me tirer en arrière. Ça arrive une fois, 2 fois, 3 fois en l’espace de 10 secondes. Il me prend ensuite l’épaule avec la main pour me couler… Comportement anti-sport 10/10. Il y a toujours du contact et un côté un peu « baston » pour faire ça place, mais ça se fait normalement en respectant l’esprit sportif !! Je perds mes lunettes dans l’opération, mais surtout je perds contact avec le groupe de nageurs au sein duquel j’étais. Je n’arriverai jamais à recoller. Je remonte tout de même petit à petit tout au long du parcours, je sortirai à 10 secondes de Robin Moussel, ce qui signifie que j’ai fait une natation correcte (on était sortie en même temps sur le M de Bonneville en Mai), et je suis à 1’ de Cyril Viennot avec qui j’aurai bien aimé sortir. 
Je fais pour une fois une bonne transition malgré une petite galipette sur le tapis rouge rendu glissant avec la pluie (j’ai d’ailleurs gagné à l’applaudimètre) et je sors du parc aux alentours de la 20ème place, à 30 secondes de Cyril et juste devant Robin.

La course peut enfin commencer. Il ne pleut plus mais la route est encore mouillée. Je prends tous les rond-points du début du parcours vraiment tranquillement. Il va falloir que je joue avec 2 vitesses sur l’ensemble du parcours. Il va y avoir des passages en force, des passages en hyper vélocités, et beaucoup de temps sans pédaler en descente.

Après 2kms on attaque la première bosse du parcours, la côte du poly. 1,8km à 9%. Pas d’autre choix que de la monter en force, en danseuse debout sur les pédales. Je suis en 42x15, à 50 tours par minutes en cadence de pédalage et entre 370 et 420W… Ca pique et j’ai déjà un petit gout de sang dans la bouche alors qu’il reste 4h d’effort… Ouch !! J’aborde la première descente en « mode papi », je suis sur les freins en permanence pour ne prendre aucun risque, la chaussée est détrempée. Je perds beaucoup de temps, mais ce n’est pas grave. Je perds également du temps sur les parties plates. Mon braquet 54x15 m’oblige à être en hyper vélocités, pour au final ne pas sortir beaucoup de watts, je suis souvent à 110 rpm pour seulement 260Watts, quand je suis normalement à 305Watts et 85 rpm sur ce type de sections. Pas optimal mais il faut faire avec. Je perds pas mal de temps sur ces sections, 20 secondes par section et il y en a 2 par tours…
J’attaque la deuxième bosse en force également, puis la descente en roue libre et c’est alors que je comprends mon malheur. Devoir forcer sur les pédales en bosse c’est une contrainte, mais ça ne me fait pas perdre de temps vis-à-vis des autres, j’accumule juste de la fatigue. Être incapable de pédaler en descente, c’est du temps de perdu, beaucoup de temps. J’ai beau me mettre dans la position la plus aéro possible, je perds 20 secondes par descente. Il y a 4 descentes par tour… et 3 tours. 
Les variations de rythme ne sont pas évidentes à gérer, le corps se refroidit bien en descente et il faut forcer directement lors des montées sans avoir le temps de se réchauffer progressivement. 
Je termine la première boucle du parcours en 58’. Rapide calcul : temps vélo estimé 2h54. Je sais que je vais pouvoir rouler plus vite les 2ème et 3ème boucle maintenant que je me suis fait la main sur le parcours, aussi bien en montée et descente.

Deuxième tour, côte du poly : Incroyable. Le soleil a pointé le bout de son nez, les supporters se sont tous massivement déplacés et la côte prend un air de tour de France dans l’Alpe d’Huez ! il faut quasiment jouer des coudes pour se frayer un chemin. Cette foule donne des ailes ! Résultat je grimpe la côte avec le compteur qui titille les 430W pendant 5minutes et je suis presque KO en arrivant en haut. 
J’améliore ma gestion de mon effort dans le second tour compte tenu de la contrainte imposée par mon braquet, afin d’essayer de perdre le point de temps possible. Je grimpe toutes les bosses à bloc, car je ne peux rien faire d’autre qu’attendre que le temps passe sur toutes les autres parties du parcours. Même stratégie sur la troisième boucle, mais la fatigue commence à se faire sentir, les passages les plus raides ayant eu raisons de mes muscles, 500Watts à 39 rpm dans les passages à 15% c’est normalement interdit en course, sinon ce n’est pas un semi-marathon qui m’attend mais une longue marche de 4h !!

Je pose finalement le vélo dans un temps de 2h52, en 14ème position, et n’ayant aucune idée des écarts avec la tête de course. J’avais dans coin de ma tête un chrono de 2h45 en conditions normales (avec 22 vitesses). Ça correspond à peu près au 6 minutes que j’ai perdu dans les descentes et les sections plates.

Transition 2 beaucoup moins rapide que la première… peut-être que la fraicheur à légèrement disparu dans les multiples bosses.

Je pars sur un rythme confortable, mais soutenu. Je n’ai pas reconnu le parcours, mais Olivier m’a dit « tu verras il est super roulant, sans difficultés ».

profil cap

Note pour moi-même : ne plus écouter Olivier quand il qualifie un parcours de « roulant ». 
Ce parcours est tout sauf roulant, 3 tours de 7,3kms, 2 bonnes bosses par tour et tout le reste en faux plat montant et descendant… Le parcours en lui-même n’est pas roulant, mais quand en plus on vient de s’envoyer 3h de force à vélo, il est encore plus compliqué.

Le premier tour à pied est difficile, jambes très lourdes, quadri, fessiers, mollets et vastes internes à la limite de la crampe. Je boucle cette première boucle aux alentours de 4’/kilo, soit 15kmh. La deuxième se passe un peu mieux, je retrouve une foulée plus aérienne, j’ai de meilleures sensations. La troisième viendra cependant m’achever. Tout comme à vélo, chaque bosse ou faux plat n’est pas très compliqué à lui tout seul, c’est le cumul sur les 3 tours qui rend l’exercice difficile. Je prends un shoot, à 3km de l’arrivée. Faux plat descendant, vent de face, alors que j’étais à 17kmh lors du second tour en étant confortable sur cette partie, je suis maintenant à 15kmh en ayant l’impression de sprinter… et un sprint de 3km c’est long, très long !! Impossible d’aller un chouilla plus vite, mes mollets sont en béton armé, je ne sens même plus les impacts sur le sol, je cours par réflexe, sans trop savoir comment en regardant ma montre toutes les 10 secondes, juste pour être sûr que je me rapproche bien de l’arrivée.

14h19, après 4h49 d’effort je passe cette sous cette arche en 12ème position, à 12’ du vainqueur du jour Cyril Viennot. 
Le plateau professionnel était impressionnant cette année, avec une bonne partie des meilleurs français, une dizaine d’athlètes jouant les premiers rôles sur la scène internationales !

Qu’est-ce que j’aurai pu faire sans cette contrainte mécanique ? Je ne sais pas, mais dire que j’aurai roulé 5 minutes plus vite et couru également 3 minutes ne semble pas aberrant… Ça me plaçait dans le top 5. Mais avec toutes mes vitesses disponibles c’était une toute autre course qui se serait passée et j’aurai aussi pu exploser complètement et finir beaucoup plus loin dans le classement. 
Au final, je suis pleinement satisfait de ma course. C’est ma prestation la plus complète sur Half Ironman avec un plateau aussi relevé. Rouler 5’ de plus qu’un athlète comme Cyril Vienot sur près de 3h de vélo, alors que je n’avais que 2 vitesses vient aussi confirmer les progrès réalisés dans cette discipline. Si la mécanique suit il n’y a pas de raison que ça ne se passe bien lors des prochaines courses… Wait and see next Sunday !!

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