{mediabox gallery=1|dir=/images/membre/691/sponsors}{/mediabox}
 
Interview Quimper Triathlon par David Le Tiec

7e place scratch (2e amateur et 2e Français, derrière Cyril Viennot, vainqueur) de l'IronMan du Royaume-Uni, à Bolton, en 9h23'40''.
1er dans la catégorie 35-39 ans et donc qualifié pour Hawaï (14 octobre).
 
 
Ses temps
=> natation en 1h02'13"" (99e temps) (1'38''/100 m)
=> vélo en 5h07'51 (8e temps) (37,69 km/h)
=> cap en 3h06'07'' (13e temps) (4'24''/km)
 
On a discuté 3 jours avant la course et tout allait bien. Et ensuite ?

Entre jeudi et dimanche, tout n’a pas été facile. Je n’ai jamais été aussi stressé. Tout le monde me disait que la qualification pour Hawaï était acquise, mais rien n’est jamais acquis d’avance… La nuit, j’attrapais des suées et j’ai fait des cauchemars, ce qui n’est franchement pas habituel chez moi. Ensuite, samedi, j’ai fait un footing et ma montre m’annonçait un temps de récupération de 39h ! Ça m’était déjà arrivé la fois où j’avais enchainé le 70.3 de Zell am See (Autriche), 3 semaines après le Norseman (8e en 2015) et j’étais passé à travers… J’étais donc vraiment stressé, pourtant, ce n’est pas dans ma nature de l’être, surtout pour le sport. Enfin, il a fallu déposer les affaires la veille aux deux aires de transition à Bolton. Ç‘a été une grosse perte de temps et d’énergie. C’était usant tellement il y avait des bouchons partout.

 

Il y a aussi ce pari fait avec ton entraineur, Pascal Redou, d’enchainer deux IronMan en 3 semaines…

Quand tu pars sur une distance comme ça, 3 semaines après le précèdent, tu te poses forcément des questions. En 2013, j’avais enchainé l’IM de Galles (8e) et Hawaï (260e) en 4 semaines  et le résultat n’avait pas été fou… Après, il y a ce que dit l’entraineur et il y a le ressenti perso. Et mes sensations étaient bonnes. Pascal a prouvé ce qu’il sait faire avec Benoît Nicolas, Arnaud Guilloux et Valentin Madouas. Il n’entraine que 4 personnes et il en refuse plein. J’ai donc forcément confiance, même si je savais que Pascal n’avait jamais entrainé quelqu’un qui voulait enchainer deux grosses courses comme ça. Je prends aussi des conseils auprès d’Arnaud Guibert. Il fait du triathlon depuis tout jeune, il s’y connaît en longue distance et il est très fort sur tout ce qui est alimentation et physiologie.

 

Dimanche matin, ça se présentait comment la journée ?

Il y avait une petite bruine, puis de la pluie. La natation s’est bien passée. Mon premier tour n’était pas mal et je visais un peu moins d’une heure en tout. Je suis étonné qu’on me donne un meilleur temps sur le 2e tour, puisqu’il fallait éviter pas mal de gars qui étaient dans leur premier tour et qui, pour certains, nageaient la brasse… Au total, il y avait 4000 m de natation au lieu de 3800 m, donc avec mes 1h02, j’étais dans les clous.

 

La météo était annoncée nuageuse, pourtant vous avait roulé la majeure partie du vélo sous la pluie…

Il a plu 3h sur les 5h à vélo. J’étais hyper prudent en descente et dans les virages. Je prenais tous ces endroits délicats comme un cadet. D’autres se sont fait piéger, comme Romain Guillaume, qui est tombé, a abandonné et ne va pas à Hawaï…

 

L’organisation te donne le 8e temps vélo et une moyenne de 37,69 km/h, donc tu as quand même pu lâcher les chevaux…

Pas tout de suite. Quand je prends le vélo et que je sors du parc, je passe un dos d’âne et je perds un bidon dans lequel est le concentré qui me permet de faire quatre bidons. Je suis obligé de m’arrêter… Du coup, tu penses aux problèmes mécaniques et tout ça… Ma moyenne était assez faible au début et je suis rentrée dans le rythme au bout d’une demi-heure. J’ai alors attaqué la boucle que j’aimais bien, qui ressemble à la Bretagne, qui fait 76 km et qui est à parcourir 2 fois. En l’attaquant, j’apprends que je suis premier de mon groupe d’âge et ça me motive. Le parcours vélo est quand même casse-pattes, ce qui ne m’a pas empêché de doubler des pros que tu vois dans les magazines, comme l’Espagnol Blanchart (Miquel Tinto Blanchart), qui fait un podium à chaque fois à Lanzarote (6e en 2016, 4e en 2015, 2e en 2014 et 2013). Ça m’a mis en confiance. À partir du 120e kilomètre, j’ai géré. Je fais la 2e boucle un peu en dessous et je baisse donc de 10 watts. J’ai fait ça parce que j’avais peur du marathon. Moi, sur ma montre, j’ai 35,4 km/h de moyenne générale à vélo. Je suis encore étonné de la vitesse que me donne l’organisation.

bolton velo

Tu es dans quel état d’esprit et dans quel état physique au moment d’attaquer le marathon ?

Quand je pose le vélo, le speaker me dit que je suis bien placé. Ça me met en confiance, ça me pousse. Je n’étais pas affolé à la transition parce que je savais que j’avais de l’avance sur le groupe d’âge. Mon objectif, c’était avant tout la qualif’ pour Hawaï. Le marathon commence par une bosse qui te met dans la course. Je me fais doubler par les deux pros, dont Blanchart, que j’avais doublé à vélo à 50 km de l’arrivée. Je vois les deux arriver ensemble et ils me déposent. Là, je me demande ce qu’il faut faire pour avoir un niveau pareil… Je suis donc parti en 3’50, puis j’ai calmé entre 4’11 et 4’20 au kilo. Finalement, je reprends Blanchart au 20e kilomètre.

 

En passant devant tes proches à pied, tu dis : « Je m’en fous des autres gars. Je gère comme ça et on verra »…

Je pense que ma force c’est d’avoir géré le vélo et de ne pas m’être emballé sur le marathon, d’être parti au train. J’avais tellement peur de passer à travers… J’ai eu un coup de mou au 22e-23e kilomètre. J’avais faim. J’ai mangé des gâteaux salés et c’est reparti, heureusement. Ce qui me pousse aussi vers l’avant, c’est de voir des pros dans le dur et d’en dépasser certains. Le dernier tour a été compliqué, il a même été interminable… J’ai accéléré sur la fin, mais ça n’en finissait plus. C’était dur musculairement. Je voulais en finir le plus vite possible. J’aurais bien aimé faire un marathon en 3h. En prenant un peu plus de risques, c’était peut-être jouable. J’ai fait le choix d’assurer et c’est sans regret.

bolton arrivee

Qu’est-ce qui l’emporte sur la ligne, le soulagement ou la satisfaction ?

Le soulagement d’en terminer, mais aussi de me prouver et de prouver à d’autres que je peux faire 2 courses pleines à trois semaines d’intervalle. Et puis, il y a bien entendu la qualif’ pour Hawaï. C’est ça la récompense de tout le travail qui a été réalisé depuis des mois.

{mediabox gallery=1|dir=/images/membre/691/sponsors}{/mediabox}

Certaines fonctionnalités de ce site (partage de contenus sur les réseaux sociaux, lecture de vidéos) s’appuient sur des services proposés par des sites tiers. Ces fonctionnalités déposent des cookies permettant notamment à ces sites de tracer votre navigation. Ces cookies ne sont déposés que si vous donnez votre accord. Vous pouvez vous informer sur la nature des cookies déposés, les accepter ou les refuser globalement.
Plus d'info Je donne mon accord