Je m'étais pourtant promis l’an passé qu'Embrun serait une sorte de jubilé, the last one.

Quoi de mieux que ce mythe pour mettre un peu le sport de côté par la suite. Ce sentiment était d'autant plus renforcé après la course ; peut être même des le 30 kilomètres du marathon en fait. On est tous pareil, à la fin d'un Ironman on se dit tous « plus jamais ».

Alors que je n’étais encore qu' au collège, mon entraîneur de natation me l’avait déjà dit : « tous les ans, la même rengaine en fin de saison », « l’an prochain je ne suis pas sur de continuer à nager »… 15 ans que ça dure en fait…la vie est un éternel recommencement.

Pourtant j'y crois quand je dis ça. Je l’avais dit en arrêtant de nager, puis l'année d après suite à l’Ironman de Lanzarote, puis après les France de Baudreix, puis après Embrun… Force est de constater que je ne suis pas très fiable sur ce point la !

La naissance d'un 2eme petit bonhomme 10jours après Embrun me promettait un hiver délicat . Il le fut. Pour arriver à peser 10kilos à 5mois, il en fallu des bibis… Un toutes les trois heures, les nuits ont été courtes ou longues, tout dépend du point de vue !

Pourtant difficile de se passer d'un petit footing entre midi et deux ou d'un plongeon parmi le public le vendredi midi…Et comme l'appétit vient en mangeant, et quitte à être levé à 4h pour satisfaire l'appétit de monsieur, une petite séance de home traîner est venue s'ajouter. 5° au mieux dans le garage, la tête enfarinée, un pur bonheur !

Et puis on se laisse de nouveau prendre au jeu, on regarde le calendrier des courses qui sort début janvier, et on craque.
En plein hiver on est une cible facile… Cheeeerie ca te dit pas une semaine de vacances en ardeche ? Oui il y a un triathlon, mais je le ferai juste « comme ça ».
Il faut bien trouver une petite motivation à mettre le réveil aux aurores pour aller s'entraîner. Je crois aussi que c'est plus facile que de s'avouer que l'on aime le faire juste comme ça, pour soi. Sacrées endorphines !!

La semaine ne s'est pourtant pas passée comme espéré. ant mieux au final car j'en garderai un merveilleux souvenir, le temps fait toujours son effet.

Pas facile de partir avec deux loustics de 3 ans et 10 mois qui, à eux 2, ont réussi à épuiser 4 adultes. Nous avons certainement été un peu naïfs de penser que cette semaine serait reposante. Il a fallu composer avec. A peine a 30 kilomètres de la maison premier vomito…le ton était donné ! Tant pis pour le tour des vignobles, des balades en kayak..ce sera pour une prochaine fois. On aura réussit à sauver la mise avec la visite de la grotte de Saint Marcel où les enfants nous ont fait un one-man-show. Merci au guide pour sa patience lors de la visite !
Si j'étais confiant le mois précédent avant cette course, celle-ci s'était peu à peu volatilisée au cours des derniers jours. Je m'étais malgré tout promis de faire au mieux. Je devais bien ça à mon entourage qui m'épaule au quotidien.

Tout n'a pas commencé idéalement le matin de la course. En effet, malgré une température d'eau que je qualifierai de plutôt « douce », la combinaison est autorisée. Aie dommage, les écarts seront réduits après ces 3 premiers kilomètres. Je ne sors donc qu'avec une grosse minute d'avance sur JM (pas étonnant vu ses derniers chrono en natation) et un peu moins de deux minutes sur le reste de la troupe.

J'avais prévu de nager le plus vite possible et de débuter le vélo un peu fort afin de pousser les autres à la faute en les mettant en surrégime. Avec la chaleur annoncée, je savais qu'il y aurait des dégâts en course à pied. Facile à dire, un peu moins à réaliser et à ne pas se transformer en kamikaze.

Je m'attendais à me faire reprendre dans le premier tour à vélo et à lutter en course à pied pour revenir. J'avais d'ailleurs orienté mon entraînement en ce sens ces derniers temps avec un gros cycle à pied.

velo

A mon plus grand bonheur, j'ai réussi à poser le vélo en tête avec encore pas mal d'avance. Du coup changement de plan, et course à pied en gestion, inutile de prendre trop de risques surtout avec la chaleur présente. Mon côté joueur m'a déjà joué des tours en natation par le passé sur un 25 kilomètres (pas si loin d'ailleurs, c'était à Pierrelatte), j'ai retenu la leçon !!
4h11 d'effort pour croiser la ligne, avec une course menée de bout en bout, et ressentir une profonde satisfaction.

cap

Satisfait, je le suis, (et un peu fier je l'avoue) d'avoir réussit à concrétiser cette année de fragile équilibre entre vie familiale, vie professionnelle et vie sportive.

Satisfait mais aussi tellement reconnaissant envers ceux qui me permettent de m'épanouir comme cela ; merci à eux.
Maintenant place à un peu de repos, je vais réfléchir à la suite. Il y a encore la place pour faire de belles choses mais il me faudra des partenaires pour continuer dans de bonnes conditions.

Merci à tous pour vos messages !!

Photos : Le libéré, Triathlète Magasine

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