{mediabox gallery=1|dir=/images/membre/813/sponsors}{/mediabox}

Depuis 15 jours, je ne tenais plus en place à l’idée de pouvoir enfin reprendre la compétition à l’occasion du triathlon du Salagou. Petit retour en arrière rapide pour bien tout comprendre : après une saison 2015 quasi blanche suite à des problèmes de santé, j’avais pu reprendre le triathlon en 2016 pour me remettre dans le bain, mais sans réels objectifs. J’avais tout de même fait 2-3 courses satisfaisantes, et j’avais donc à cœur de faire une belle saison 2017, en attaquant par l’ironman d’Afrique du Sud prévu début Avril.

Mais après un bon début de prépa, dans le courant du mois de janvier, tout mon corps a dit stop : le froid, un planning de travail surchargé, peu de sommeil, des entraînements trop difficiles par-dessus, etc. Tout a lâché d’un seul coup : grippe, pneumopathie, infection dentaire, tendinite d’achille, la totale…Et c’était reparti pour de longues semaines de repos…

J’ai attendu patiemment que la forme revienne, en reprenant rapidement le vélo, puis la natation, puis courant du mois de Mai les entraînements de course à pied. Ces dernières semaines ayant été positives, j’avais coeur de m'aligner à nouveau sur une course.

Après une analyse approfondie du calendrier (merci T2 area !), il est apparu que le Triathlon L du Salagou (34) s’inscrivait alors comme le lieu le plus propice pour tenter un retour à la compétition…En effet, il y a une histoire entre cette épreuve et moi, car j’avais déjà participé aux 2 premières éditions :

- La 1ère en 2014 où j’avais terminé à la 5e place

- La 2e en 2015 moins glorieuse, où blessé, je savais que j’allais devoir abandonner après le vélo car je ne pouvais pas courir. Dans une super forme sur la partie cyclisme, j’étais rentré au parc en 2e position derrière Bertrand Billard, avec le meilleur temps vélo du jour. Dur de devoir stopper dans ces conditions, mais pas le choix… Je m’étais alors juré de revenir un jour pour prendre ma revanche. 

Le triathlon du Salagou, c’est aussi une course de cœur car mon amie Manon Genêt la remportée en 2015, au moment où elle commençait son ascension vers le haut niveau…

Enfin, je pensais que le parcours serait idéal pour moi car le vélo est difficile, et la course à pied toujours un enfer sous un soleil de plomb, où il ne s’agit pas de courir vite, mais de tenir mentalement. Et ça tombe bien car après quelques semaines de reprise seulement de la cap, je ne cours pas bien vite, mais par contre je suis remonté comme une pendule pour aller au bout de moi-même !

C’est donc déterminé que je m’avance ce samedi matin dans les eaux du lac du Salagou. Il est 10h et il fait déjà très chaud… Pas de doute, ca va être une vraie boucherie ! Il va falloir dompter la fournaise du Salagou pour s’imposer.

700 participants sont sous les ordres du starter, où plutôt du coup de Klaxon… Le départ se fait dans l’eau que l’on a facilement jusqu’au bas du tibia. « reculez, le départ ne sera pas donné tant que vous ne serez pas derrière les bouées, recul…TUTTTTT ! Ah je crois qu’il faut partir ! Certains tentent encore de reculer quand d’autres sprintent littéralement vers le large, faisant fi des galets qui ornent le fond du lac. D’autres encore, plus sensible des pieds, essaient tant bien que mal d’avancer tel des handicapés, et commencent alors le plus vite possible à nager, ratissant les galets à chaque passage de bras. Vous l’avez compris, je fais parti de cette dernière catégorie !  

Après quelques dizaines de mètres, j’arrive enfin à nager correctement, et à part quelques bousculades, je n’aurai pas grand-chose à dire pour vous faire rêver sur cette partie natation...

Sortie de l’eau : encore ces maudits à cailloux à passer et je peux entrer dans le parc retrouver mon fidèle destrier qui n’attend que moi. 

Comme à l’accoutumé, je ne prends pas de montre sur la natation, et je ne veux savoir ni mon temps, ni mon classement, de peur d’en être dépité pour toute la course…

Une transition très moyenne le temps d’enfiler dans le parc, et c’est une première pour moi, chaussettes + chaussures de vélo (oui, car il y a aussi des cailloux dans le parc), et la course peut enfin commencer !

D’entrée, on attaque par une bosse d’environ 1.5km que je passe à bloc, tellement j’ai envie d’en découdre et que je suis quelque peu agâcé de voir autant de monde devant moi. J’ai encore du faire une grosse natation me dis-je… Cependant, je double rapidement quelques membres des clubs que j’entraîne (TOAC et TUC Triathlon qui se reconnaîtrons), et dont je sais qu’ils nagent un petit peu plus vite que moi à l’entraînement. Je dois donc être à ma place et je prends rapidement confiance.

Vous attendez des chiffres alors les voici : je sors de l’eau à la 151e place, ce qui me vaut pas mal de moqueries je sais bien, mais qui est un classement en adéquation avec mes capacités aquatiques, similaires à celle d’une clef à molette.

Après cette 1ère bosse en sortie de parc, le parcours alterne quelques portions roulantes avec beaucoup de petits cols et autres talus : au total 1380m de dénivelé pour 78km, on peut appeler ça un chantier. Ma stratégie sur ce genre de parcours est simple, et je ne la conseille pas à grand monde en général. Je ne risque donc rien à vous la dévoiler : à bloc dans les bosses, récup dans les descentes, un peu en dedans mais en position aéro max sur toutes les portions plates.

Pour résumer simplement, j’ai une puissance moyenne cible comme objectif, mais je ne pédale jamais à cette puissance… Le détail de mon parcours vélo est sur strava

J'essaie de partir assez fort pour remonter le plus rapidement possible sur la tête de course et ne pas être gêné par les concurrents. Au fur et à mesure du parcours, j’ai de moins en moins de monde à doubler. Parfois je me retrouve seul pendant plusieurs km. Je ne sais pas exactement où j’en suis, mais entre les bénévoles, les concurrents que je double où les speakers sur les motos, j’arrive à avoir quelques vagues éléments de réponses. On m’annonce rapidement dans les 10 premiers, puis 7 ou 8, puis à 4min de la tête…

Bref, je continue à appuyer sur les pédales pour faire la meilleure partie vélo. Je maintiens mon wattage cible jusqu’au 60e km, moment du parcours où l’on passe dans une descente sinueuse et au revêtement délicat. Ce sera le seul point noir de mon parcours : à la sortie d’un petit village, je manque en virage à gauche…Quelques secondes de perdues, mais surtout pas mal de confiance… Je terminerai la descente en subissant, très lentement, ce qui aura raison de ma puissance moyenne.

Pas bien grave cela dit, il ne reste que 20km, autant commencer à relâcher et pédaler aux sensations pour préparer la course à pied. Je double encore un concurrent esseulé, toujours sans moto devant lui, et je pense alors être 2e ou 3e.

salagou7

J’arrive enfin dans le parc et le speaker, puis Manon, m’annoncent 2e mais à 3’30 du 1er. Je demande alors qui c’est car je n’avais aucune idée des athlètes présents sur la course, et j’apprends que c’est Romain Garcin. Aie ! CA risque d’être compliqué… Mais au Salagou personne n’est à l’abri d’une défaillance. Je démarre alors confiant, en n’oubliant pas de bien m’hydrater. Il fait un cagnard pas possible, il va falloir être solide !

Mais au départ les jambes ne répondent pas vraiment... Ma stratégie vélo doit y être pour beaucoup ( !!!), et le parcours casse pattes en profil montant ne s’y prête pas non plus forcément. Malgré ça, au 3e km, des bénévoles m’annoncent à 2’40 de la tête ! Yes, pour reprendre du temps en courant à cette vitesse, c’est que le bonhomme doit être sacrément mal en point devant...

Cette nouvelle me redonne du peps et instantanément je retrouve une foulée plus dynamique, un meilleur rythme...enfin très relatif vu le profil du terrain et la chaleur.  

salagou6

Très vite j’aperçois alors 1er concurrent et je me dis que ça va être bon. Je le reprends au retour de la 1ere boucle, au 6e km. Ca y est ! Je suis en tête d’un triathlon ! Après plusieurs 2e places, des podiums, des victoires en duathlon, j’ai envie l’occasion de pouvoir faire quelque chose sur un tri.

J’ai un moment d’euphorie, mais maintenant il faut tenir… J’arrive sur la fin de la 1ere boucle (un peu plus de 9km) où mes proches et le speaker me découvrent en tête, ce qui booste encore plus.  J’ai l’impression que rien ne peut m’arriver. Je ne regarde pas le chrono, je cours aux sensations, en essayant de garder du rythme, sans me mettre dans le rouge. Je m’arrête à tous les ravitos pour prendre 2 verres, eau ou coca, et me verser 2 verres sur la tête.

Peu après le début de la 2e boucle, Manon m’annonce 2’15 d’avance sur le 2e… Ok je maintiens. Mais les jambes se font de plus en plus lourdes, la chaleur m’écrase, les bosses me paraissent des murs, j’ai l’impression de faiblir, j’ai peur de craquer. Le demi tour arrive, moins de 5km à parcourir. Je ne vois pas le 2e concurrent derrière moi donc je continue de m’arrêter aux ravitos.

Mais je ne savoure plus rien, je n’attends qu’une chose : passer cette ligne d’arrivée en vainqueur. On arrive à environ 3km de la fin, j'aimerai qu’on me donne un écart supérieur à 2min sur le 2e, histoire que je puissa savourer la finish line. Mais là c'est le coup de massue : j’entends 1’15 d’avance… Ouille… Et là il me reste un peu de lucidité pour comprendre qu’un écart sur l’arrière ne peut être pris qu’en amont, et 1’15 était certainement l’écart à 4 voire 5km de l’arrivée, et donc que le 2e est susceptible de me reprendre avant la fin… Vous suivez ?

Je relance alors au maximum, je ne suis pas bien, mais le fait d'être toujours en tête me galvanise, je donne tout, je m’arrache car je veux cette victoire, je veux cette revanche sur mes blessures, je ne veux rien lâcher, je veux ma ligne d’arrivée, ma banderole.

1km, puis 500m, j’entends le speaker, je me retourne, ca à l’air d’être bon ! Je vois enfin la ligne d’arrivée : je peux savourer, marcher sur les derniers mètres, arracher ma 1ere banderole en tri et la lever au ciel. Je pense à toute cette frustration que j’ai enduré ces dernier temps, je laisse exploser ma joie !  Ce n’est que le triathlon du salagou, je ne suis pas aux championnats du monde, mais c’est ma victoire et ce dont j’avais besoin…

salagou2

salagou4

4h06 au final, avec un peu plus de 2min d’avance sur le 2e. Ca peut paraitre large sur le papier, mais si j’écris ce cr c’est pour montrer le contraire.

salagou5

J’ai vaincu la fournaise, j’ai bien résisté à la chaleur pendant la course, mais une fois terminé je suis en surchauffe et je mettrais de longues minutes à bien récupérér, avec en prime quelques trous noirs...

3 jours après, je ne peux toujours pas marcher. Je ne sais donc pas qu’elle sera la suite du programme, mais j’envisage pourquoi pas un retour sur du duathlon LD. A moins d’un déclic en nat ?

{mediabox gallery=1|dir=/images/membre/813/sponsors}{/mediabox}

Certaines fonctionnalités de ce site (partage de contenus sur les réseaux sociaux, lecture de vidéos) s’appuient sur des services proposés par des sites tiers. Ces fonctionnalités déposent des cookies permettant notamment à ces sites de tracer votre navigation. Ces cookies ne sont déposés que si vous donnez votre accord. Vous pouvez vous informer sur la nature des cookies déposés, les accepter ou les refuser globalement.
Plus d'info Je donne mon accord