Retour sur ma 3ème place au TriGames de Mandelieu.

C’est toujours plus facile d’écrire lorsqu’on est content de sa course, ou au moins d’une partie de sa course. Généralement j’arrive toujours à retirer quelque chose de positif lorsque je mets un dossard, peu importe le résultat, le déroulement de la course, il y a toujours quelque chose de bon à prendre. Cette fois-ci j’ai dû chercher pendant longtemps… Ce qui explique que le CR n’arrive que 5 jours après la course (Bon c’est aussi parce que c’est une semaine très chargée au travail et que je n’ai même pas le temps de m’entrainer, alors écrire…).

Revenons à la course. Le Trigames de Mandelieu n’est pas un objectif en soi, mais venait s’intégrer dans me préparation pour l’Ironman d’Autriche début Juillet. C’est ma 4èmecourse d’affilée en 4 week-end, mais c’est aussi mon premier vrai Half-Ironman de l’année, si l’on considère que Lacanau était une version raccourcie (seulement 1h55 de vélo).

Veille de course. Retrait des dossards, et bullage. Massage le soir et je prends conscience que la journée du dimanche sera compliquée. J’ai les jambes chargées de déchets, liés au stress oxydatif de la semaine et du manque de sommeil des derniers jours. C’est encore pire qu’au lendemain d’un Ironman. La confiance n’est pas au top au moment de s’endormir. La semaine de 50h de travail à laisser quelques traces, du stress et de la fatigue.

Dimanche réveil 5h45 pour un départ à 7h30. Traditionnel Gatosport, le temps de se rendre sur le départ, de s’installer dans le parc à vélo, il est l’heure du départ. La natation présente une particularité, on part en eau douce, dans la Siagne, puis on va en mer, pour enfin revenir en eau douce. La partie eau douce présente un fort courant et c’est compliqué de rester sur la ligne de départ, dans l’eau. J’ai repéré les favoris à côté de moi, Kévin Maurel, Hervé Faure et Victor Del Coral. Je sais que Kévin nagera beaucoup plus vite que moi, Hervé à priori aussi, et que je dois pouvoir sortir de l’eau avec Victor, nous étions sortis ensemble au Natureman. Top départ, 1 coup de bras, 2 de coup de bras, 3 coups bras… et je réalise déjà que la journée va être très longue. C’est dur je n’avance pas, je vois déjà un peloton qui s’éloigne au loin. Je ne pensais pas qu’il y aurait autant de bons nageurs, je prends un gros coup au moral… La course a débuté depuis 45 secondes… plus que 4h à tenir. J’essaye de me concentrer sur ma technique, de prendre des pieds et de ne pas les perdre pour profiter de l’aspiration et d’aller à peu près droit alors qu’on a le soleil dans le nez. Le temps passe finalement assez vite jusqu’à la première bouée, puis je me retrouve tout seul… comme d’habitude. Je commence alors à compter les bulles que je fais en soufflant sous l’eau, et je n’attends qu’une chose, sortir de l’eau et esperer que mes jambes soient plus légères que mes bras. A mi parcours je retombe sur Hervé Faure, je pensais qu’il serait un peu devant moi. Je me dis que je ne nage peut être pas si mal… Ou qu’il fait une mauvaise natation (la 2ème hypothèse est la bonne). J’essaye de rester avec lui, ça m’occupe la tête de garder le contact de ses pieds. A un moment le bateau moteur de la prod TV manque de le découper en passant à 10cms de sa tête. On s’arrete tous les 2, un peu sous le choc. On repart quelques secondes plus tard. Je perds de nouveau le contact sur la fin du parcours, j’ai vraiment du mal à faire 1900m soutenu et garder le rythme. Je sortirai finalement 3ème de l’eau, à 20 secondes d’Hervé et déjà 2min30 de Kevin. C’est mauvais mais ce n’est pas non plus catastrophique. Le petit peloton qui était devant était en fait constitué de nageurs participant à la course en relai. Victor Del Corral est encore dans l’eau, c’est une bonne nouvelle.

Transition rapide, et c’est partie pour une belle partie de manivelle.

Dès le premier rond point ma roue arrière dérape. J’arrive à rester debout, je ne sais pas trop comment, ma bonne étoile surement… 2kms de parcourus et première frayeur. La confiance en a pris un coup pour le reste du parcours. Je fais un bout de route avec Hervé Faure, Les jambes sont lourdes et j’ai du mal à mettre de la force, je tourne les jambes à 95 tours par minute. Au bout de quelques kilomètres je décide d’accélérer un peu pour voir ce que ça donne, je décroche Hervé Faure, je suis maintenant en 2ème position, à 4min de Kevin. J’ai du mal à tenir ma puissance cible et j’ai l’impression d’être au rupteur tout le temps alors que je suis sur une course qui dure 4h… L’écart ne bouge pas avec l’homme de tête et se creuse avec Hervé pour monter à 2’ en bas du col du Testanier, la première ascension du parcours 5km à 4,7%. J’avais pour ambition de monter à 360W. Je savais que j’en était capable. Mais j’ai du mal à mettre plus de 350… Je ne sais pas si c’est le nouveau capteur qui est étalonné différemment… ou juste que je n’avais pas de jambes ce dimanche. Difficile à dire, mais le résultat est que je n’avançais pas. S’ensuit une longue descente très roulante, d’un coup ma roue arrière se bloque, et se met à déraper comme si j’avais écrasé le frein. Par chance j’étais en ligne droite et je parviens à m’arreter sans chuter. J’essaye de comprendre d’où vient le problème, impossible de démonter la roue arrière. La chaine est bloquée entre le cadre et la roue. J’ai beau forcer, rien à faire. Je commence à m’énerver et à perdre espoir. J’ai envie d’abandonner. Puis je me rappelle qu’une personne qui occupe une place particulière dans mon cœur m’attends à la fin du vélo, et que je n’ai pas le droit de ne pas terminer cette course, je dois trouver une solution pour elle.

triagmes velo

Le temps passe, un tir groupé de 3 hommes me double. J’essaye de me calmer et de démonter la roue. J’y parviens finalement et je me rends compte que la cassette est dévissée et était venu se serrer contre le cadre. Problème identifié, mais pas problème résolu pour autant. Je n’ai aucun outil avec moi. J’essaye de resserrer la vis à la main, juste assez pour que ça tienne et je remonte le tout en esperant que ça tienne. J’effectue la suite de la descente très prudemment au cas où le problème se reproduirait. Tout se passe bien. Arrive la principale difficulté du parcours, et le juge de paix de l’épreuve. Tout à gagner ou à perdre, aussi bien dans la montée que la descente. Le Tanneron par le Grand Duc, 7km à 7% de moyenne avec 3km à près de 9%. Ca va piquer les jambes. On m’annonce 9’30 de retard sur Kevin en bas. Rapide calcul, mon problème mécanique m’a coûté plus de 5’. (5’30 en fait après analyse du fichier). J’essaye de monter sur un bon rythme, mais je ne suis plus dans ma course, et les jambes ne répondent plus. Je gère ma montée tranquillement. Je croise Kevin puis Thomas qui descendent comme des fous. Puis Victor et Enfin Herve que je reprends en arrivant en haut. La descente est dangereuse et chaque virage est une occasion de finir dans le décor. Entre les nids de poule, les voitures, et les concurrents que l’on croise, ça fait un peu de monde sur la route !! Bien content d’arrivée en bas en un seul morceau, les quelques derniers kilomètres de plat servent à faire tourner les jambes et s’hydrater en vue de la course à pied, le thermomètre étant bien monté.

J’arrive dans le parc 3ème, avec 3’ de retard sur Victor del Coral, 1’ d’avance sur Hervé Faure. Kevin est bien loin devant, et intouchable. Je vois Charlène qui m’encourage, ca me remotive et je suis finalement content d’être sur la course à pied, je sais que je la verrai à chaque tour… Ca motive pour courir vite. C’est ce que j’essaye de faire, premier kilomètre en 3’31…Allure cible sur du plat en forme…

Sauf qu’il n’y avait pas la forme. Bon je vais mettre un peu plus de temps avant de revoir ma chérie. J’essaye de limiter la casse, le parcours est en plein soleil, avec beaucoup de relance. Bref ça n’avance pas et on cuit. 28 degrés, à l’ombre. J’essaye de courir le premier tour sur un bon rythme même si je sens que c’est un jour sans (pas de miracle quand la forme n’est pas là en natation et vélo elle arrive rarement à pied). L’écart avec Hervé est constant derrière et je ne reprends pas de temps à Victor. Je fais tout pour sécuriser ma 3ème place. Le second Tour se fait dans la même optique, objectif, terminer cette boucle pour retrouver une voix et un sourire qui me donnera la motivation de repartir sur la 3ème boucle sans rien lacher. Les jambes commencent à être vraiment lourdes, et le processus « habitude » se met en place. Mettre un pied devant l’autre le plus vite possible sans réfléchir. Je termine enfin cette 3ème boucle. 3ème. Derrière Kévin Maurel en patron qui aura mené la course du début à la fin. Sa sélection en équipe de France n’est pas un hasard. Mais aussi derrière Victor Del Coral, vainqueur de l’Ironman de Nice, et vice champion du monde de Duathlon. 3’ derrière Victor… j’en perds presque 6 avec mon problème mécanique…. Mais avec des « si »… Je suis peut être du avec moi-même, il n’y a pas grand-chose de positif dans cette course, tant dans les perfs «physique » que l’état d’esprit. J’étais vide mentalement, et c’est dans ces moments là où on se rend compte c’est bien la tête qui commande les jambes et pas l’inverse. Le seul point positif, c’est que j’avais pris 10’ par Victor Del Corral au Natureman il y a 6 mois. C’était alors ma meilleure course de la saison. En faisant une mauvaise course dimanche dernier et en perdant 6’ à cause ma mécanique, je finis à 3’. Donc le mauvais de 2018 est pour le moment mieux que le meilleur de 2017. C’est ce que je retiendrais pour la prochaine. En esperant qu’elle soit encore meilleure.

podium trigames