Après 12 ans sans compte rendu, je m'y remets pour T2 Area... Et parce que je suis content de relire mes comptes-rendus d'il y a 12 ans :-).

 

J'aurais certainement signé avant la course pour finir 6e au Ventouxman, mais j'ai vécu une journée tellement galère qu'à l'arrivée je pensais à changer de sport...

 

Natation: le plan était de trouver des pieds pour m'économiser et nager sans forcer, mais à aucun moment je n'ai pu le faire: je n'ai trouvé personne qui allait au rythme que j'aurais souhaité, la buée dans les lunettes de m'aidant pas dans ma quête! Par ailleurs, j'ai rapidement eu des brulures à l'estomac et la sensation d'être malade. Au final je nage en 1 min 31s aux 100 m ce qui est très bien pour moi, surtout au vu du peu d'intensité que j'ai mis sur cette épreuve, mais aucun plaisir et aucune sensation.

 

Je suis un grand spécialiste et multi récidiviste des crampes à T1, aussi de la sortie de l'eau à la montée sur le vélo je m'interdis de courir. Malgré les alertes aux ischios, j'arrive à retirer ma combi et à monter sur le vélo sans dommage, c'est parti pour les 95 km qui sont sensés être mon gros point fort.

 

Vélo: Le plan est de rouler peinard les 30 premiers kilomètres tout plat, c'est à dire allure IM, de poursuivre en mettant juste un peu d'intensité dans les bosses sur les 35 suivants vallonnés, et de faire une montée du Ventoux rythmée entre 280 et 300 watts. Dans l'idéal j'espère trouver un poisson pilote qui me fasse le rythme mais je serai en fait très seul toute la partie vélo.

Les sensations sont mauvaises au début, toujours un peu nauséeux, mais les 65 premiers kilomètres où je roule sur la réserve me mettent dans le rythme et me font penser que je vais peut-être faire le vélo que je souhaite. Les jambes répondent assez bien dans les bosses, je double du monde et je suis mon tableau de marche à la lettre, avec une NP faible de 230 watts à Bédoin, mais une vitesse moyenne correcte de 36 km/h au pied du Ventoux. Je suis alors autour de la 15e place.

Là les choses sérieuses commencent, mais je vois rapidement que je ne suis pas dans un grand jour... Aussi je décide de monter aux sensations sans trop regarder le capteur, en dessous de ce que je visais. Je double pas mal de concurrents dont Marcel ZAMORA (rien que pour ça j'ai sans doute bien fait de venir :-) ). Mais je souffre, j'ai l'impression de beaucoup transpirer bien qu'il ne fasse pas chaud, et à partir du Chalet Reinard je commence à avoir des alertes de crampes aux quadris. Je bois tout ce que je peux, mais les derniers kilomètres sont horribles, j'ai d'assez bonnes jambes mais je suis à l'extrême limite des crampes. A mon grand soulagement j'arrive à basculer sans que les crampes ne se déclenchent, je suis 5e. Je bois tout ce que je peux dans la descente, et je gagne encore une place (les triathlètes ne sont vraiment pas des descendeurs!), pour poser le vélo 4e.Ventouxman Vélo

A mon grand étonnement, je saurai après la course que je fais le meilleur temps vélo et la meilleure montée du Ventoux, et que je ne suis à ce moment là qu'à 4 minutes du premier.

 

Mais après avoir mis mes chaussures de course à pied, les vraies crampes qui me pendaient au nez depuis 3/4 d'heure se déclenchent, et je dois rester 2 minutes devant mon vélo sans pouvoir bouger. J'avais mis dans mon sac un bidon de 50 cL de boisson énergétique que je bois d'une traite, et je finis par réussir à partir en trottinant jusqu'au ravito de sortie de parc ou je bois encore tout ce que je peux. Je suis malgré tout 5e.

 Ventouxman Crampes

Course à pied: je sais qu'on commence par une p... de descente qui va être très problématique dans mon état, mais c'est finalement en bas qu'à nouveau les crampes se déclenchent dans mes ischios et mes quadris: encore 3 minutes d'arrêt, qui semblent durer une éternité.... Finalement j'arrive à repartir, et je m'aperçois que, contre toute attente, j'ai d'assez bonnes jambes: je rejoindrai l'arrivée sans problème particulier, en veillant toutefois à bien m'hydrater à chaque ravito.

Ventouxman Course à pied

Je suis 5e l'essentiel de la course à pied et je commence à penser que malgré mes déboires je vais finir dans les 5. Mais à la fin du 3e tour je me fais doubler par un jeune Suisse. Il est grand et est plus rapide que moi sur cette portion roulante, pour ma part je me sens assez bien. Je sais qu'il faut que je fasse la différence dans la première partie de la boucle qui est un parcours trail vallonné si je veux avoir une chance de finir devant. Je tente donc le coup, mais en haut de la côte je n'ai que 50 m d'avance et mon adversaire ne semble pas émoussé. Comme prévu je me fais déposer dans le faux plat descendant et je finis donc 6e.

 

Au final, ma place est bonne, mais ma performance a été en deçà de mes attentes en terme de puissance à vélo et de crampes à pied. Au niveau chiffré, je fais 235 watts de puissance moyenne et 245 watts de NP à vélo (contre par exemple 266 watts de AP et 288 watts de NP sur une cyclo montagneuse de même durée 3 semaines avant). Je fais ma plus mauvaise performance en terme de puissance depuis que j'ai pu reprendre le triathlon l'an dernier, alors que je pensais être dans la forme de ma vie cette année.

Et au lieu de profiter d'une certaine fraicheur à pied grâce à ce vélo en dedans, je perds encore 5 minutes avec des crampes, alors que je me suis hydraté et alimenté tout le vélo...

Enfin, j'ai eu l'impression toute la course d'être nauséeux et de lutter contre les crampes, c'est vraiment une sensation extrêmement désagréable.

 

Le point positif, c'est que malgré ces problèmes, je ne suis pas très loin de références du triathlon. Soit j'ai progressé, soit j'ai vraiment investi dans un super vélo cet hiver, je pense qu'il y a un peu des 2!

En natation je nage désormais en 1 min 30s aux 100 m sans forcer, ça ne m'était jamais arrivé auparavant.

 

Ma gestion des 2 dernières semaines a certainement été très mauvaise, je vais essayer d'en tirer les leçons: j'ai des choses à essayer dans mon alimentation en course et dans ma prépa finale, et j'espère qu'un alignement de planètes en ma faveur est programmé pour le 2 août à l'Alpe d'Huez, histoire de faire enfin une course pleine!

Merci et bravo de m'avoir lu jusqu'au bout, à bientôt sur un triathlon!

 

Thomas LEMAITRE